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    >Modules > Démocratie grecque > Démocratie à l'intérieur, empire à l'extérieur > La fondation de la ligue de Délos

    Aristote, Constitution d’Athènes, 22, 3-6

    L'institution de l'ostracisme à Athènes

    3 Quand, onze ans après, les Athéniens eurent remporté la victoire de Marathon sous l’archontat de Phainippos, ils laissèrent passer deux ans après la victoire et, comme le peuple prenait plus d’audace, alors pour la première fois on appliqua la loi sur l’ostracisme, que l’on avait établie par défiance des gens puissants, parce que Pisistrate était chef du parti populaire et stratège quand il devint tyran. 4 Le premier qui fut frappé de l’ostracisme parmi ses parents fut Hipparchos, fils de Charmos, du dème de Collytos ; c’est d’ailleurs pour lui surtout que Clisthène avait établi la loi, parce qu’il voulait le chasser d’Athènes. En effet, les Athéniens, usant en cela de l’ humanité habituelle à la démocratie, laissaient habiter dans le pays les amis des tyrans qui ne s’ étaient pas compromis dans les troubles ; et leur guide et leur chef était Hipparchos. 5 L’ année qui suivit immédiatement, sous l’archontat de Télésinos, on tira au sort par tribu les neuf archontes parmi les cinq cents candidats désignés par les électeurs des dèmes, alors pour la première fois après la tyrannie (les précédents étaient tous élus), et l’on frappa d’ostracisme Mégaclès, fils d’ Hippocratès, du dème d’Alopéké. 6 Donc pendant trois ans on frappa d’ostracisme les amis des tyrans, en vue de qui la loi avait été établie ; puis, la quatrième année, on éloigna aussi ceux des autres qui paraissaient trop puissants ; et le premier frappé de l’ostracisme parmi ceux qui ne touchaient pas à la tyrannie fut Xanthippos, fils d’Ariphron.

    [trad. Mathieu-Haussoullier modifiée]

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