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    >Modules > Famille et parenté > Patriarcat et pouvoir politique > La politique nataliste d'Auguste

    Horace, Odes et Epodes, 3.6.1-8, 17-36, 45-48

    "Tu expieras, innocent, les fautes de tes aînés,
    Romain, tant que tu n'auras pas relevé les temples, les
    demeures croulantes des dieux, et leurs images que
    souille une noire fumée.
    C'est d'une conduite soumise aux dieux que tu tiens
    ton empire : d'eux, en toute chose, fais partir le commencement,
    à eux rapporte la fin. Négligés, les dieux
    ont envoyé mille maux à la déplorable Hespérie. [...].
    Des âges féconds en crimes ont souillé tout d'abord
    mariages, race, maisons : de cette source a découlé
    le fléau qui s'est répandu sur la patrie et sur le peuple.
    Elle apprend avec joie les danses d'Ionie, elle se
    forme aux artifices, la vierge trop précoce, et voici
    déjà que, dès la plus tendre enfance, elle se prépare
    à d'impures amours.
    Par la suite, elle cherche à la table même où boit
    son mari des amants plus jeunes ; et elle ne choisit
    pas l'homme qui recevra d'elle, à la hâte, des joies
    interdites, loin des flambeaux,
    mais, sur un ordre, elle se lève ouvertement, devant
    son mari complice, que l'appelle un courtier, ou bien
    le patron d'un navire espagnol, qui paie richement
    son déshonneur.
    Elle n'était pas née de tels parents, la jeunesse
    qui rougit la mer du sang punique, qui abattit Pyrrhus
    et Antiochus, le grand roi, et le sinistre Hannibal. [...].
    Que ne dégrade point le temps destructeur ? La génération
    de nos pères, qui valaient moins que nos aïeux
    a fait naître en nous des fils plus méchants, qui vont
    donner le jour à une postérité plus mauvaise encore."

    (texte traduit par Fr. Villeneuve, Paris, CUF, 1981)

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