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    >Modules > Sources écrites de l'Egypte ancienne > Textes "historiques": reflets de l'idéologie politique > La bataille de Qadesh de Ramsès II

    La bataille de Qadesh de Ramsès II

    Extrait du «Poème» (Papyrus Sallier III)

    ...alors sa majesté entra dans l'armée de cet ennemi du Khatti (les Hittites). Il était absolument seul en tête, il n'y avait personne d'autre avec lui. Sa majesté marcha pour regarder autour d'elle et il constata qu'il était encerclé, 2500 chars autour de lui et tous les fantassins du pays du vil Hittite et les nombreux pays qui étaient avec lui.... Il y avait trois hommes par char après qu'ils aient fait leur rassemblement, tandis qu'il n'y avait pas d'officier avec moi, ni de conducteur de char, ni de soldat de l'armée ni de soldat de char. Mon armée et mes chariots étaient partis, aucun d'entre eux n'étaient resté pour combattre avec moi.

    Alors sa majesté dit :
    «Qu'as-tu donc mon père Amon ?
    Est-ce qu'un père oublie son fils ?
    Est-ce que j'ai fait quelque chose sans toi ?
    Est-ce que je ne marche pas et je ne m'arrête pas selon tes ordres,
    sans jamais transgresser les conseils de ta bouche,
    sans jamais me dérober aux conseils ?
    Il est trop grand le grand seigneur de l'Égypte
    pour permettre que les étrangers s'approchent de ton voisinage ?
    Qu'est-ce que le c'ur de ces Asiatiques, Amon,
    ces misérables qui ignorent dieu ?

    N'ai-je pas érigé pour toi des monuments et des chapelles en grande quantité,
    pour remplir ton temple avec mon butin ?
    N'ai-je pas construit pour toi le temple de millions d'années (= temple funéraire)
    et y déposé tout mes biens en donation ?
    Je t'ai apporté la terre entière pour nourrir tes offrandes divines.
    Je t'ai consacré des dizaines de milliers de b'ufs avec toute sorte de plantes aromatiques.
    Je n'ai négligé aucun bienfait, je n'ai rien omis dans ton sanctuaire.
    J'ai construit pour toi de très grands pylônes de pierre
    et érigé pour toi les mâts de l'éternité.
    Je t'ai apporté des obélisques d'Éléphantine,
    c'est moi qui ai porté les pierres.
    J'ai tiré pour toi les bateaux sur la mer pour te ramener les produits manufacturés des pays étrangers.
    Que dira-t-on s'il arrive un malheur à celui qui fait confiance à ta volonté ?
    Fais le bien à celui qui compte sur toi, Amon,
    et on agira pour toi avec amour.

    Je t'appelle mon père Amon
    alors que je suis au milieu de nombreux étrangers que je ne connais pas,
    tous les étrangers rassemblés contre moi !
    Il n'y a personne avec moi, mon infanterie et ma charrerie sont partis ;
    je les ai appelés, pas un seul d'entre eux n'écoutait, quand je les sommais.
    Alors j'ai constaté qu'Amon était plus utile pour moi
    que des millions de fantassins, des centaines de milliers de chars et des dizaines de milliers de frères et d'enfants tous ensemble.
    Le travail de gens innombrables n'est rien, Amon est plus utile qu'eux.

    Je suis venu ici sur ton conseil, Amon, sans m'écarter de ton conseil.
    Maintenant je prie depuis le fin fond du monde,
    mais ma voix résonnera à Thèbes.»

    Amon-Rê a entendu, il est venu à l'appel...
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