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    >Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Période hellénistique et poliorcétique > La poliorcétique hellénistique

    Diodore, Bibliothèque historique, XX, 48

    Siège de Salamine de Chypre par Démétrios Poliorcète

    "Démétrios voyant que Salamine n'était pas une prise facile, et qu'elle renfermait de nombreux défenseurs, résolut de faire construire d'énormes machines, des catapultes, des balistes et d'autres ouvrages formidables. Dans ce but, il fit venir des ouvriers de l'Asie, ainsi que du fer, du bois et d'autres matériaux nécessaires à la construction de ces machines. Après s'être entouré de toutes ces ressources, il fit fabriquer une machine, connue sous le nom d'hélépole, dont chaque côté avait quarante-cinq coudées de largeur, et dont la hauteur était de quatre-vingt-dix coudées, divisées en neuf étages. Cette machine reposait sur quatre roues solides, de huit coudées de haut. Il fit aussi construire d'énormes béliers et deux tortues porte-béliers.. Aux étages inférieurs de l'hélépole étaient fixées des balistes de diverses dimensions, dont les plus grandes lançaient des pierres de trois talents ; aux étages du milieu se trouvaient les plus fortes catapultes, et les étages les plus élevés étaient occupés par les balistes et les catapultes de moindre dimension. Toutes ces machines destinées à lancer des projectiles, étaient servies par deux cents hommes ; en s'approchant de la ville, elles balayaient les créneaux en même temps que les béliers ébranlaient les murs. Cependant les assiégés se défendirent vaillamment, et ripostèrent aux décharges des balistes et des catapultes. Le siège durait ainsi depuis plusieurs jours, et on se faisait beaucoup de mal de part et d'autre. Enfin une brèche s'ouvrit, et la ville allait être prise d'assaut, lorsque l'approche de la nuit fit cesser le combat. Ménélas comprit que la ville serait perdue, s'il ne trouvait pas quelque nouveau moyen de défense. Il rassembla donc une grande quatité de bois sec qu'il fit jeter pendant la nuit sur les machines de l'ennemi, en même temps que du haut du mur on lançait des flèches tout allumées qui mirent en flamme les ouvrages les plus importants. Les soldats de Démétrios se hâtèrent d'accourir pour éteindre l'incendie ; mais le feu avait déjà consumé les machines, et beaucoup de soldats y trouvèrent la mort. Démétrios, quoique trompé dans son espérance, n'en continuait pas moins à bloquer la ville par terre et par mer, persuadé qu'avec le temps il viendrait à bout de l'ennemi."
    Diodore, Bibliothèque historique, XX, 48.
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