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    >Modules > Naissance et petite enfance à l'époque romaine > Naître différent > La République: le temps des prodiges

    Cicéron, De la divination, I, 97-98

        97. Mais je reviens aux affaires de chez nous. Combien de fois le sénat n'a-t-il pas demandé aux décemvirs de consulter les livres sibyllins ? Dans quelles importantes affaires et combien souvent n'a-t-il pas suivi les réponses des haruspices ? Ainsi, lorsqu'on vit deux soleils, trois lunes, des torches allumées, qu'on vit le soleil la nuit, qu'on entendit un grondement venant du ciel, qu'on crut voir le ciel se déchirer et qu'on y aperçut des boules de feu. On annonça même au sénat un affaissement du territoire de Priverne alors que la terre s'était abaissée à une profondeur insondable et que l'Apulie avait été secouée de très violents tremblements de terre. Ces prodiges annonçaient au peuple romain de grandes guerres et de pernicieuses séditions : dans tous ces cas, les réponses des haruspices concordaient avec les vers de la Sibylle. 98. Et quand la statue d'Apollon se couvrit de sueur à Cumes et celle de la Victoire à Capoue ? Et la naissance d'un androgyne, ne fut-elle pas un prodige funeste ? Et quand l'Atratus coula noir de sang ? Et quand il plut à bien des reprises des pierres, maintes fois du sang, parfois de la terre et un jour même du lait ? Et quand la foudre frappa sur le Capitole le centaure, sur l'Aventin des portes et des gens, à Tusculum le temple de Castor et Pollux et à Rome celui de la Piété ? Les haruspices n'ont-ils pas alors annoncé ce qui se produisit et n'a-t-on pas trouvé les mêmes prédictions dans les livres sibyllins ?
     
    Cicéron, De la divination, I, 97-98, trad. G. Freyburger et J. Scheid, Paris, Belles Lettres, 1992.
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