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    >Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Le terme de "religion" > Le "sacré" et le "profane" à Rome

    Macrobe, Saturnales, III, 3, 2-6; III, 3, 10; III, 7, 5-7

    (trad. H. Bornecque, légèrement modifiée)

    Contexte : au IIIe livre des Saturnales, on discute sur la fiabilité des informations sur la religion, contenues dans l’Énéide de Virgile.

    III, 3, 2- 6 : "Est sacer, dit Trébatius au livre I de ses Choses religieuses, tout ce qui se rapporte aux dieux » (Sacrum est […] quicquid est quod deorum habetur) […] Quant à profanus on est assez généralement d’accord pour entendre par là ce qui n’a aucun rapport avec le culte, parce qu’étranger au temple et à la religion (Profanum […] id esse quod extra fanaticam causam sit, quasi porro a fano et a religione secretum). […] D’autre part Trébatius dit que profanus doit s’appliquer proprement à ce qui, après avoir été religieux ou sacré, a été transféré à l’usage et à la propriété des hommes (profanum id proprie dici ait, quod religiose vel sacro in hominum usum proprietatemque conversum est). […] Le poète (sc. Virgile) montre clairement que la profanation consiste à enlever à une chose son caractère sacré, pour la mêler à tous les actes de la vie des hommes (ostendit proprie profanatum, quod ex sacro promiscuum humanis actibus commodatum est). Sanctus, dit le même Trébatius au livre X de ses Observances religieuses, est tantôt la même chose que sacer et la même chose que religiosus, tantôt autre chose, c’est-à-dire ni sacer ni religiosus."

    III, 3, 10 : "Selon Pomponius Festus, sont religieux les gens qui discernent ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter (religiosi sunt qui facienda et vitanda discernunt). Voilà pourquoi Virgile a dit «Faire écouler l’eau des ruisseaux, aucun scrupule religieux ne l’a jamais défendu» […] En effet, les jours de fête religieuse, il est permis de nettoyer les fossés existants, lorsqu’ils sont engorgés, il n’est pas permis d’en creuser de nouveaux."

    III, 7, 5-7 : "Nous pouvons parler du sort de ces hommes que les lois ont consacrés (sacros) à certains dieux, beaucoup de personnes, je ne l’ignore pas, trouvant extraordinaire que la loi divine défende de toucher à un objet sacré, alors qu’un homme consacré aux dieux peut être tué légalement. Voici l’explication. Les anciens ne souffraient sur leurs terres aucun animal consacré aux dieux, mais les chassaient sur les terres des dieux auxquels ils étaient consacrés; mais les âmes des hommes voués aux dieux, appelés par les Grecs [texte corrompu] étaient, selon eux, la propriété des dieux. Donc, pour les animaux consacrés aux dieux, ils n’hésitaient pas à les chasser loin d’eux, faute de pouvoir les envoyer aux dieux mêmes; mais les âmes consacrées aux dieux, ils se reconnaissaient le droit de les envoyer aux dieux; ils les délivraient donc de leur corps pour les y faire aller le plus tôt possible."
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