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    >Modules > Naissance et petite enfance à l'époque romaine > L'entrée dans la communauté > Rites d'agrégation à la communauté

    Plutarque, Oeuvres morales. Questions romaines, 102

    Pourquoi donnent-ils aux enfants leur nom le neuvième jour pour les garçons, mais le huitième pour les filles?
    Entre autres raisons, est-ce que l'antériorité des filles a pour cause la nature? De fait, le sexe féminin croît, mûrit et s'épanouit avant le sexe masculin. Quant aux jours ils prennent ceux qui suivent le septième, car le septième est dangereux pour les nouveau-nés, en particulier pour ce qui concerne le cordon ombilical. C'est en effet le septième jour que dans la plupart des cas il se détache. Or, jusqu'à son détachement, le bébé ressemble plus à une plante qu'à un animal.
    Ou bien, à l'instar des pythagoriciens, tiennent-ils les nombres pairs pour féminins et les nombres impairs pour masculins? Car le nombre impair est fécond et, quand il est combiné au nombre pair, il le domine. Et, divisé en ses unités, le nombre pair, à l'instar du sexe féminin, donne un espace intermédiaire vide, tandis qu'il reste toujours du nombre impair une partie pleine. C'est pourquoi ils tiennent l'un pour approprié au sexe masculin et l'autre au sexe féminin.
    Ou bien est-ce que de tous les nombres, neuf est le premier carré obtenu à partir de la triade, nombre impair et parfait, tandis que huit est le premier cube obtenu à partir de la dyade, nombre pair? Or il faut que l'homme soit "carré", impair et parfait, mais que la femme soit, à l'instar du cube, stable, sédentaire et difficilement mobile. Ajoutons que huit est le cube obtenu à partir de la triade; or les filles ont deux noms, mais les garçons trois.
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