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    >Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Le terme de "religion" > Le "sacré" et le "profane" à Rome

    Festus, De la Signification des mots, p. 422-424 Lindsay

    (trad. A. Savagner, Paris, 1846, parfois modifiée).

    "On appelle mont Sacré un mont situé de l’autre côté de l’Anio, un peu au-delà de la troisième pierre milliaire, parce que le peuple, lors de sa séparation d’avec les patriciens, et après la création des tribuns de la plèbe, établis pour lui venir en aide, le consacra à Jupiter au moment de s’en retirer. Mais on donne l’épithète de sacer à l’homme que le peuple a jugé pour un crime; il n’est pas permis de l’immoler, mais celui qui le tue n’est pas condamné comme parricide : car la première loi tribunitienne porte cette disposition : «Si quelqu’un tue un individu dévoué aux dieux par ce plébiscite, qu’il ne soit point parricide». De là, dans le langage familier, on appelle sacer tout homme méchant et mauvais. Gallius Elius dit que l’on appelle sacer tout ce qui a été consacré d’une manière quelconque et par une loi de l’État, que ce soit un temple, un autel, une statue, un emplacement, de l’argent, ou toute autre chose qui a été dédiée et consacré aux dieux; il ajoute que la partie de leurs biens que des particuliers vouent aux dieux par un principe de religion privée n’est point considéré comme sacré par les pontifes romains. Mais si quelque acte religieux de particuliers a été accepté, de manière à être accompli par l’ordre des pontifes en un jour fixé ou en un lieu déterminé, cet acte est appelé sacer, comme un sacrifice; le lieu où doivent se faire ces cérémonies religieuses ne parait guère devoir être regardé comme sacer."
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