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    >Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Les classes sociales à Avenches > L’élite helvète sous le Haut-Empire

    Iulius Alpinus

    Lors de la guerre civile de 68 apr. J.-C., où quatre prétendants à l’Empire s’affrontèrent, Avenches prit parti pour Galba. Les Helvètes levèrent une armée pour s’opposer aux troupes de Vitellius qui descendaient de Germanie. Le plus haut citoyen d’Avenches, Iulius Alpinus, fut exécuté par les légions.

    "Enfin il (Cécina, lieutenant de Vitellius) envoie aux auxiliaires de Rhétie l’ordre d’attaquer par derrière les Helvètes pendant qu’ils seraient occupés contre la légion. Les Helvètes, belliqueux avant le danger, tremblèrent à l’instant du péril. Ils avaient bien, à la première alarme, choisi pour chef Claudius Severus, mais ils n’entendaient rien à l’exercice et ne savaient ni garder leurs rangs ni agir de concert. Combattre de vieilles troupes c’était pour eux le désastre, soutenir un siège c’était risquer gros, derrière des murs croulant de vétusté […]. On ne voyait partout que dévastation et carnage. Les Helvètes enveloppés se débandèrent, jetèrent leurs armes et, en grande partie blessés ou errant isolément, se réfugièrent sur le mont Vocetius[…]. Après avoir tout détruit, on marchait sur Avenches, capitale du pays, pour l’attaquer quand les habitants envoyèrent une députation qui offrit de capituler et la capitulation fut acceptée. Julius Alpinus, l’un des principaux citoyens considéré comme l’instigateur de la guerre, fut livré au supplice par Cécina ; il abandonna les autres à la clémence ou à la cruauté de Vitellius. Il serait difficile de dire si les députés des Helvètes trouvèrent l’empereur ou l’armée plus implacable. Les soldats réclament la destruction de la ville, tendent leurs poings armés contre le visage des envoyés. Quant à Vitellius, il n’épargnait pas non plus les paroles menaçantes quand un des députés, Claudius Cossus, connu par son talent de parole mais dissimulant à propos son art sous un trouble qui lui donna plus de force, réussit à calmer l’esprit des soldats. Comme d’ordinaire, la multitude changea subitement et devint aussi prompte à s’attendrir qu’elle avait été excessive dans sa cruauté. Les soldats fondirent en larmes et mettant plus de persévérance à réclamer pour les Helvètes un traitement meilleur, ils obtinrent l’impunité et le salut de la cité."
    Tacite, Histoire, I, 67-69
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