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    >Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Le terme de "religion" > Dire la "religion" en Grèce

    Isocrate, Aéropagitique (7), 29-30

    (trad. G. Mathieu)

    Contexte : plaidoyer pour le rétablissement de la constitution démocratique « ancestrale » d’Athènes

    "Tout d’abord, en ce qui concerne les dieux (ta peri tous theous) – c’est par là qu’il est juste de commencer –, ce n’est pas sans régularité ni ordre qu’ils les servaient (therapeuein) ou célébraient leurs mystères (orgiazein). Ils ne faisaient pas une procession de trois cents bœufs quand cela leur plaisait, pour interrompre au hasard les sacrifices traditionnels (ai patrioi thusiai). Ils ne célébraient pas avec magnificence les fêtes supplémentaires qu’accompagnait quelque banquet, pour adjuger au rabais les cérémonies les plus respectables (oi hagiotatoi ton hieron).
    Ils ne veillaient qu’à une chose : c’était à ne rien supprimer des traditions ancestrales (ta patria) et à ne rien ajouter qui sortît des usages reçus (ta nomizomena). Ce n’était pas dans le luxe qu’ils faisaient résider la piété (e eusebeia), mais dans le fait de ne toucher à rien de ce que leur avait légué leurs ancêtres. Et c’est ainsi que les dieux ne leur envoyaient rien qu’accompagnât l’épouvante ou les catastrophes; mais tout bien à propos pour la culture du pays et la récolte des produits."
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