UniFR Logo
    Modules > Femmes et vie publique à l'époque hellénistique > En public, au service des dieux > Les enjeux d'une prêtrise féminine

    Registres de ventes de prêtrises

    Les registres des ventes de prêtrises illustrent une très grande variété de situations liées aux cessions des charges religieuses. Des termes différents indiquent ainsi dans les documents la "première vente d’une prêtrise à un particulier", la "revente de cette prêtrise par le premier acheteur à un deuxième acheteur" (vente de seconde main) et la "cession d’une prêtrise à un membre de sa famille". On voit se dessiner à travers le vocabulaire des spéculations financières complexes. Et dans chaque transaction, la cité percevait une taxe.

    Les registres hellénistiques de ventes de prêtrises montrent que les prêtrises féminines jouissaient aux yeux des acheteurs d'un attrait aussi grand que les prêtrises masculines. Ce fait s'explique aisément. A l'époque hellénistique, les clans familiaux appartenant à l'élite sociale des cités souhaitaient placer plusieurs de leurs membres, hommes et femmes, à des postes-clés. Le prestige de la famille était proportionnel au nombre de postes occupés et au rayonnement de ces postes. Or, si les hommes d'un clan pouvaient se répartir entre magistratures et charges religieuses, les femmes, quant à elles, n'avaient souvent accès qu'aux seules fonctions religieuses. En outre, un certain nombre de prêtrises étaient héréditaires, réservées à une famille sacerdotale, ce qui diminuait encore le lot des prêtrises accessibles par achat.
Antiquit@s est un projet du Campus Virtuel Suisse - Contact : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse