UniFR Logo
    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Société et économie à Avenches > Les grosses fortunes

    Les décurions d'Avenches

    Certains décurions possédaient des revenus particuliers liés au sol. Ainsi, Afranius Professus (cf. supra fiche 2.2), membre de l’ordre des décurions d’Avenches vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C., et riche propriétaire foncier, exploitait un filon d’argile situé sur ses terres et la tuilerie qui en découlait. Des tuiles de sa production ont été découvertes à Avenches et dans la grande villa de Vallon (FR), à quelques dizaines de kilomètres d’Avenches.
    Le nom de Marcus Dunius Paternus, qui fut duumvir de la colonie au IIe siècle apr. J.-C., se rencontre également sur des tuiles ; sa situation était certainement analogue à celle d’Afranius.
    De même, les Camilli étaient de grands propriétaires fonciers : ils possédaient des terres dans la région d’Orbe-Yverdon (cf. fiche 3.1) et contrôlaient certains axes de transit à travers le Jura (cf. fiche 2.1).
    Puisque les familles fortunées possédaient la majorité des terres, elles contrôlaient la production agricole, base du système économique antique. Des relations de clientélisme existaient entre les riches décurions d’Avenches et les autres habitants de la région: C. Flavius Camillus, qui fut duumvir d'Avenches, est appelé «ami et patron» par les habitants du petit bourg d'Yverdon ; Iulia Festilla, fille de C. Iulius Camillus, est qualifiée d’« excellente voisine» par les mêmes habitants d’Yverdon (fiche 3.1).
    Les membres de ces clans familiaux fortunés avaient une activité de mécénat. Les Camilli sont supposés avoir financé partiellement ou entièrement des grands thermes publics à Avenches. Afranius Professus a fait réaliser la Curie, bâtiment qui abritait le collège des décurions. L'intervention des décurions s’est manifestée aussi dans divers travaux de construction hors d'Avenches. Ainsi Marcus Dunius Paternus, duumvir de la colonie, a fait réaliser un tronçon de route qui passe par Pierre-Pertuis (BE).
    Ces travaux financés par les décurions avait une incidence directe sur le dynamisme économique et social de la ville : les grands chantiers publics fournissaient du travail aux membres des classes moyennes (charpentiers, sculpteurs, etc., cf. fiche 4.2).
Antiquit@s est un projet du Campus Virtuel Suisse - Contact : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse