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    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Les femmes et les enfants à Avenches > Familles et enfants

    La mort des enfants

    Des dizaines d'inhumations de prématurés, de nourrissons ou d'enfants en bas-âge sont attestées en Helvétie romaine. Parfois, les nourrissons ont été enterrés dans un habitat (cour, seuil d'entrée) ou à son voisinage immédiat, comme si le lieu de repos éternel de l'enfant devait se situer près de l'endroit où il avait vécu. Le corps était simplement enveloppé dans un linceul, plus rarement placé dans un petit cercueil en bois. Parfois aussi, l'inhumation était pratiquée en nécropole dans des cercueils en bois ou en plomb – c'est le cas dans la nécropole d’En Chaplix, à Avenches. Conformément à l’usage romain (cf. texte 1), les nourrissons dépourvus de dents n’étaient pas incinérés afin d’éviter que tout leur corps ne soit réduit en cendres et qu’il ne reste nulle trace d’eux.
    Si l’enfant décédait alors qu’il était âgé de plus d’un an, on pouvait lui élever une stèle funéraire. Dresser une stèle pour un enfant ou un jeune adolescent défunt est une signe de romanisation. Les Celtes - et par conséquent les pérégrins mal romanisés - n’avaient pas cette coutume. Cela ne signifie pas que les citoyens romains aimaient plus leurs enfants que les pérégrins. Il faut y voir la marque de rites funéraires romains et une manière « romaine » d'afficher sa douleur devant la perte d'un enfant. Il faut y voir aussi une raison économique car le prix d'une stèle inscrite était élevé.
    On constate une évolution temporelle dans les textes gravés sur les stèles funéraires enfantines : les sentiments portés à l'enfant et le chagrin ressenti à son décès s'expriment plus librement dès le IIe siècle apr. J.-C.
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