UniFR Logo
    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Les classes sociales à Avenches > Citoyens modestes et pérégrins

    Icarus et sa famille

    Icarus et ses enfants, les commanditaires de la dédicace aux Suleviae (document B), ne portaient chacun qu’un seul nom, preuve de leur statut de pérégrin. Cappo, ancien esclave affranchi d’un pérégrin, était devenu pérégrin lui-même. L’origine grecque du nom du père, Icarus, et de l’un de ses fils, Daedalus, est évidente. Les noms grecs étaient à la mode dans les classes moyennes celtes et l’on affectionnait les noms mythologiques ou célèbres : ainsi, parmi les potiers indigènes recensés à Vidy, l’un s’appelait Diomedes, l’autre Pindarus. Il faut donc se garder de chercher systématiquement dans les noms grecs une preuve de l’origine gréco-orientale des individus concernés. Les autres membres de la famille d’Icarus (Banira, Doninda, Tato) portent d’ailleurs des noms d’origine celte, tout comme l’affranchi Cappo. Et les divinités qu’ils honorent sont caractéristiques de la religion celte. Icarus et ses enfants étaient sans aucun doute d’origine celte. Peut-être venaient-ils de Gaule Narbonnaise où la dominance culturelle grecque était forte, ce qui expliquerait leurs noms hellénisés.
    Icare, fils de Dédale, le constructeur du Labyrinthe du roi Minos en Crète, était le patron des charpentiers. Les noms d’Icarus et de son fils Daedalus pourraient refléter leur profession : charpentiers navals. Rappelons que dans l’Empire romain l’appartenance à un corps de métier était en principe héréditaire et que la destinée professionnelle d’un individu pouvait ainsi être prédite à sa naissance et entérinée par le choix de son nom.
Antiquit@s est un projet du Campus Virtuel Suisse - Contact : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse