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    Modules > Famille et parenté > Statut de la femme dans la famille > Avortement et contraception

    Aspects juridiques de l'avortement: l'embryon

    Les premières lois qui condamnent l'avortement sont celles de Septime Sévère (193-211) et de Caracalla (211-217). Elles prennent comme justification le fait qu'il prive le père d'un héritier et met en danger la vie de la mère. Quant à l'exposition des enfants, elle est laissée au libre arbitre du pater familias.
    La religion et la loi étant silencieuses, ce sont les philosophes, les idéologies et la conscience personnelle qui donnaient le ton à la pratique tant pour la contraception que pour l'avortement et l'abandon.
    Les philosophes, très bavards à ce sujet, émettent des opinions contradictoires. Les stoïques considéraient que l'embryon recevait son âme uniquement à la naissance ; l'avortement n'était donc pas considéré comme un crime ou meurtre. Sénèque trouvait normal de tuer les enfants mal formés mais avorter dans le seul but de préserver la beauté physique de la femme était une honte. Quant à Plutarque, qui séjourna plusieurs fois à Rome, il déclarait qu'il était honteux d'avorter dans le seul but de conserver une vie sexuelle normale, mais il comprenait que les pauvres choisissent d'abandonner leurs nouveau nés qu'ils ne pourraient pas élever correctement. Enfin, d’autres philosophes, tel Musonius Rufus, pensaient que le mariage était une union des corps et des âmes dont le but essentiel était de procréer. La contraception était considérée comme immorale même chez les pauvres qui ne devaient pas se soucier de la façon dont ils allaient nourrir leur progéniture. De même, Epictète considérait que tout enfant né devait être élevé. Mais la grande majorité des penseurs respectaient la liberté du père de famille.
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