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    Modules > Famille et communauté dans le monde homérique > Cité et organisation sociale > Pratiques de la justice

    La thèse de Glotz

    Selon que l'offenseur et l'offensé appartiennent à des communautés différentes ou sont parents entre eux, le même acte n'a plus le même caractère. Dans un cas, il y a préjudice causé par une famille à une famille, d'où alternative de représailles ou de réparation: nulle atteinte à la solidarité, nul démérite; pas même, à l'origine, de responsabilité personnelle. Dans l'autre cas, il y a manquement au devoir social et trouble de la paix intérieure, d'où l'idée de culpabilité entraînant celle de punition; mais comme la famille, obligée de réagir, a intérêt à se diminuer et à s'affaiblir le moins possible, elle se débarrasse du criminel sans écarter ses proches, et, par un calcul spontané, tend à restreindre la responsabilité. Ainsi coexistent deux systèmes. […] La Grèce primitive connut ces deux sortes de justice. Elle l'appela l'une dikê et l'autre themis.
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