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    Modules > Être prisonnier en Grèce classique et hellénistique > Des prisonniers libérés ou sauvés > La libération de captifs par leur détenteur

    Le document

    Référence : Polybe, Histoire, V, 10, 2-5.
    Contexte : La bataille de Chéronée (338 av. J.-C.) vit les Thébains et les Athéniens coalisés affronter les troupes du roi de Macédoine Philippe II. La défaite des Grecs marque le début de l’hégémonie macédonienne sur la Grèce. L’attitude de Philippe II envers les captifs est révélatrice de sa politique à l’égard des cités grecques.

    "Et l’homme qui le premier a fait du royaume de Macédoine un grand Etat, l’ancêtre auquel cette lignée doit sa splendeur, Philippe, qui vainquit les Athéniens à Chéronée, lui non plus n’a pas fait autant par la force des armes que par son caractère généreux et humain. Par la guerre et la puissance militaire, il n’a défait et réduit à l’obéissance que les hommes qui l’avaient affronté dans la bataille, mais ce fut par sa politique conciliante et modérée qu’il amena tous les Athéniens avec leur cité à se ranger sous sa loi. La rancune ne l’a pas incité à redoubler ses coups. Il n’a gardé les armes et n’a soutenu sa querelle que jusqu’au moment où il a trouvé une occasion de manifester sa bénignité et sa noblesse de cœur. C’est ainsi qu’il renvoya sans rançon les prisonniers athéniens, qu’il eut soin des morts dont il chargea Antipatros de porter les cendres à Athènes, et qu’il fournit des vêtements aux hommes qui retournaient chez eux, politique avisée grâce à laquelle il obtint à peu de frais d’immenses résultats. Ayant par une telle magnanimité confondu la fierté des Athéniens, il trouva désormais dans ceux qui avaient été ses ennemis, des partenaires prêts à l’aider en toutes choses."
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