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    Modules > Être prisonnier en Grèce classique et hellénistique > Des prisonniers monnayés > Le profil des captifs monnayés

    Le document

    Référence : Polybe, Histoire, XXI, 26.
    Contexte : En 189 av. J.-C., plusieurs ambassadeurs étoliens qui se rendaient à Rome furent pris par des pirates épirotes en mer Adriatique.

    "Les Epirotes décidèrent d’abord de les interner à Bouchetos et de faire bonne garde sur eux. Puis, au bout de quelques jours, ils leur proposèrent de payer une rançon étant donné que les Epirotes étaient en guerre avec les Etoliens. L’un des captifs, Alexandros l’Isien était l’homme le plus riche de la Grèce et les autres ne manquaient pas de moyens bien qu’ils fussent loin d’en avoir autant que leur collègue. On commença par leur réclamer à chacun cinq talents. Les collègues d’Alexandre ne songèrent pas un instant à refuser et se déclarèrent prêts à verser la somme car ils mettaient leur salut au-dessus de tout. Mais Alexandros, lui, déclara qu’il ne paierait pas, car cela faisait vraiment beaucoup d’argent, et il passa des nuits sans sommeil à l’idée qu’il lui faudrait débourser cinq talents. Les Epirotes, prévoyant ce qui allait effectivement se passer et songeant avec inquiétude que les Romains, s’ils venaient à apprendre que des ambassadeurs envoyés à Rome se trouvaient détenus chez eux, leur enverraient un message pour les prier en termes impératifs, de les remettre en liberté, réduisirent leurs prétentions et ne réclamèrent plus à chacun que trois talents. Les autres captifs s’empressèrent d’accepter et purent ainsi s’en aller, après avoir fourni des garanties mais Alexandros répondit qu’il ne donnerait pas plus d’un talent et que cela était déjà beaucoup […]. Au bout de quelques jours, arriva une lettre de Rome exigeant la libération des captifs et c’est ainsi qu’il fut le seul à être libéré sans rançon."
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