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    Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Polythéisme et anthropomorphisme

    Entre hommes et dieux : les héros grecs

    À côté de dieux et de déesses nombreux, les héros et les héroïnes sont plus nombreux encore. En schématisant quelque peu, on peut ramener l’ensemble des héros à deux grandes catégories.
    La première intègre les héros qui appartiennent au passé glorieux – « mythique » – de la Grèce et sont le fruit des amours entre une divinité et un humain. Ce sont de tels « demi-dieux » qui forment l’essentiel des protagonistes des mythes grecs. Ils sont destinés à mourir, puisque la composante mortelle de leur statut est dominante, mais certains d’entre eux sont censés poursuivre leur destinée post-mortem dans les Îles des Bienheureux, une sorte de « paradis » peu conceptualisé par les Grecs (Hésiode).
    La seconde intègre des humains dont les actions bénéfiques en faveur de leur communauté ont encouragé ses membres à rendre à leur tombeau – réel ou supposé – des honneurs collectifs et durables. Ces «morts» ont conservé, dans le cadre du sort commun aux défunts, une capacité d’agir à la surface de la terre et parmi les vivants. Ils continuent, dans la mort, à servir leur communauté. Une telle motivation ne doit pas, pour autant, assimiler de telles héroïsations à la reconnaissance des seules vertus. Une vigueur exceptionnelle, une beauté remarquable ou un destin singulier – en bien ou en mal – sont « autant de raisons dont chacune suffisait à faire un héros ».
    La mortalité des héros les distingue radicalement, en principe, du monde des dieux immortels. Toutefois, dans le cadre du culte, la distinction théorique n’est pas forcément applicable dans la pratique. Certains cultes voués à des héros n’ont rien à envier au culte des dieux, dont ils reproduisent la plupart des traits caractéristiques : libations, prières, sacrifices sanglants de type alimentaire, ex-voto, etc. C’est surtout le cas des héros dont la réputation a dépassé le cadre d’une communauté locale. Leurs compétences particulières – devin, guérisseur, – sont alors reconnues au-delà du groupe qui les a vus naître et sont largement mises à contribution. Trophonios, à Lébadée, Asclépios, au départ d’Épidaure, appartiennent à cet « entre-deux » du divin et de l’héroïque. Héraclès est un autre bel exemple de recouvrement entre les catégories.



    Notes


    Bibliographie pour la fiche
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