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    Modules > Être prisonnier en Grèce classique et hellénistique > Des prisonniers monnayés

    Le rachat des captifs (suite)

    "[…] ayant appris que Charmadas, qui avait été réduit en esclavage par des Etoliens, se trouvait dans la région, Aristeides s’employa avec empressement et de sa propre initiative à le racheter de ses propres deniers, l’entretint pendant un certain temps, pus le rapatria à ses frais […]."
    A. Bielman, Retour à la liberté. Libération et sauvetage de prisonniers en Grèce ancienne, Paris, 1994, nÐ 40 (avec traduction française)

    C. Rachat libératoire d’un prisonnier asservi
    Quelques captifs asservis échappèrent aussi à leur condition grâce à l’initiative d’une tierce personne.
    Un ancien citoyen de Trézène, Charmadas, réduit en servitude par des pirates, fut racheté à son maître par un citoyen de Théangéla, Aristeides. Charmadas fut rapatrié aux frais du généreux Théangélien. Pour le remercier de son geste, les Trézéniens votèrent un décret en l’honneur d’Aristeides et lui offrirent une couronne d’or.
    Démosthène relate le cas d’Euxitheos, un citoyen athénien capturé durant la Guerre de Décélie, asservi à Leucade et qui échappa à sa situation grâce à l’intervention d’un ancien ami, l’acteur athénien Cleandros, de passage sur l’île et qui l’avait reconnu.

    Remarques générales
    Dans tous les cas de figure évoqués dans les fiches 2.4 et 2.5, l’argent fourni au captif par un « racheteur » correspondait à un prêt sans intérêt et non pas à un don. En Grèce, le prêt sans intérêt était considéré comme un geste extrêmement généreux, surtout s’il tirait d’embarras un citoyen menacé d’un sort funeste.
    Le captif ainsi libéré était engagé juridiquement et moralement auprès de celui qui l’avait racheté, fût-il un ami ou un parent. Il devait rembourser dans un délai convenu le montant du rachat et peut-être parfois les frais de rapatriement. S’il ne le faisait pas, il pouvait être réduit en servitude par son racheteur, à titre de débiteur insolvable.
    De multiples raisons pouvaient conduire un individu à racheter un captif pour le libérer. Elles sont analysées dans la fiche 3.5.


    Notes


    Bibliographie pour la fiche
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