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    Modules > Être prisonnier en Grèce classique et hellénistique > Des prisonniers monnayés

    Le rachat des captifs

    "Pour racheter sa fille au prix de grands trésors, Chrysès était venu vers les sveltes vaisseaux de la flotte achéenne et, sur un sceptre d’or, de l’Archer Apollon portant les bandelettes, il suppliait les Argiens […] : Mais rendez-moi ma fille, agréez sa rançon, par égard pour l’Archer Apollon, fils de Zeus."
    Iliade, I, 13-25.

    "Mais par la suite, ayant été offensé par certaines des déclarations (de Platon), (Denys) se détacha complètement de lui, puis l'exposa sur un marché et le vendit comme esclave au prix de 2 mines. Alors quelques philosophes unirent leurs forces, rachetèrent sa liberté et le renvoyèrent en Grèce"
    Diodore, XV, 7, 1.

    A. Le rachat libératoire d’un prisonnier rançonné
    Plusieurs anecdotes montrent que c’était d’ordinaire la famille et les amis des captifs rançonnés qui fournissaient les sommes exigées: durant la guerre de Troie, le prêtre Chryses offrit aux Achéens une immense rançon pour racheter sa fille.
    En 476/5 av. J.-C., après les campagnes athéniennes contre Byzance et Sestos, le stratège Cimon soumit ses captifs à rançon. Peu de temps après, les amis et parents des captifs descendirent de Phrygie et de Lydie pour racheter chacun d’eux pour une forte somme.
    Pourtant ces habitudes étaient parfois bouleversées par l’intervention d’individus qui, sans être parents ou amis des captifs, payèrent néanmoins la rançon demandée. Ainsi, l’orateur athénien Démosthène libéra de cette manière plusieurs de ses concitoyens rançonnés par le roi de Macédoine Philippe II. Entre le IVe et le Ier siècle av. J.-C., de nombreux décrets honorifiques votés par des cités grecques remercièrent les responsables d’interventions de ce type.

    B. Le rachat libératoire d’un prisonnier mis en vente
    A la différence du captif rançonné, le captif mis en vente sur un marché d’esclaves était coupé de sa famille et de ses relations sociales habituelles. Toutefois, un généreux quidam pouvait aussi se manifester dans ce contexte: voyant qu’un individu vendu à l’encan était de naissance libre, il l’achetait non pas dans le but de l’asservir mais de le remettre en liberté.
    Platon, exposé sur le marché d’Egine, fut ainsi sauvé de la servitude par Anniceris, philosophe de l’Ecole de Cyrène, et certains de ses amis qui le firent rapatrier à Athènes à leurs frais.
    A Délos vers 220 av. J.-C., l’un des hommes en vue de la cité, Semos, acheta dans le butin provenant d’une razzia de pirates deux femmes de naissance libre et leurs enfants. S’apercevant de leur origine, il leur prodigua ses soins, les logea pendant quelque temps, fit éduquer leurs enfants avec les siens puis les renvoya chez elles dès que les conditions de mer furent bonnes.



    Bibliographie pour la fiche
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