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    Modules > Être prisonnier en Grèce classique et hellénistique > Des prisonniers torturés et exécutés

    Les conditions de détention

    "Ils (les Athéniens) rendront tous les Lacédémoniens qui se trouvent en prison à Athènes ou dans quelque autre endroit de leur empire. […]. Ils renverront également tous les alliés des Lacédémoniens qui se trouvent en prison à Athènes ou dans quelque autre endroit de leur empire .
    De leur côté, les Lacédémoniens et leurs alliés rendront dans les mêmes conditions tous les Athéniens et tous leurs alliés qui sont entre leurs mains."
    Thucydide, Histoire de la Guerre du Péloponnèse, V, 18, 7.

    Cette clause du traité de la Paix de Nicias constitue l’un des rares passages de l’œuvre de Thucydide décrivant le cadre dans lequel sont détenus des prisonniers de guerre. L’autre passage, célèbre et plus circonstancié, est le récit des conditions de détention des prisonniers athéniens dans les Latomies de Syracuse (cf. Activité introductive au module).
    Selon Thucydide, les captifs des Athéniens se trouvaient dans une « prison publique ». Toutefois, le traité de la Paix de Nicias, donné ci-dessus, signale que les Athéniens détenaient des captifs lacédémoniens en d’autres endroits de leur empire : il est raisonnable de supposer que plusieurs îles de l’Egée abritaient des captifs spartiates. Les Athéniens tentèrent aussi de parquer des prisonniers dans des carrières, mais les captifs – qui étaient peut-être utilisés pour travailler sur leur lieu de détention – s’échappèrent en creusant des galeries. Parfois des souterrains ou des grottes furent utilisés comme prisons.
    Thucydide indique que certains prisonniers furent mis aux fers. Entraves et fers étant utilisés principalement pour empêcher des esclaves de s’enfuir, leur usage à l’encontre de citoyens prisonniers était particulièrement humiliant. Parfois, on couvrait de chaînes un captif de marque pour mieux marquer sa défaite. Sont également attestées des « entraves de cou » : elles se composaient de plusieurs anneaux reliés par une chaîne ; on plaçait chaque anneau autour du cou d’un prisonnier, formant ainsi une file de captifs enchaînés les uns aux autres.
    Des prisonniers bénéficièrent parfois d’ « aide humanitaire » : aux dires de Thucydide, le général athénien Nicias veilla à ce que les soldats spartiates capturés à Sphactérie en 424 et emprisonnés à Athènes jusqu’en 421 av. J.-C. fussent bien traités. Certaines prisonnières eurent aussi droit à une attention particulière : il en est ainsi de la femme et des filles du roi perse Darius, tombées aux mains d’Alexandre après la bataille d’Issos. Dans les deux cas, l’enjeu était politique : les détenteurs espéraient utiliser leurs captifs pour faire pression sur une autorité, le gouvernement de Sparte pour les uns, le roi de Perse pour les autres. Il convenait donc de leur assurer des conditions de détention décentes.




    Bibliographie pour la fiche
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