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    Modules > Femmes et vie publique à l'époque hellénistique > En public, au service des arts et des métiers

    Travailler en public : le domaine de la santé

    "Mousa fille d'Agathokles, femme-médecin."
    Stèle, Istanbul, IIe-Ier s. av. J.-C.

    Sur sa stèle funéraire, Mousa a fait inscrire sa profession, iatrine, qui est l'une des formes féminines du mot iatros, "médecin". La iatrine exerçait vraisemblablement ses talents au-delà du domaine de l'accouchement et touchait de manière plus large au domaine médical : sa clientèle était composée de femmes et d'enfants en bas-âge.

    Les sources d'époque classique ne sont guère prolixes sur les femmes médecins. En revanche, à partir de la période hellénistique, les compétences médicales des femmes sont mises à profit. Parallèlement, l'activité de femme-médecin gagne en reconnaissance publique.

    Il est difficile d’appréhender les tâches médicales des femmes et de juger de leur formation. Quelques femmes-médecins étaient mariées à un médecin ou étaient filles de médecin. Cela laisse supposer que leur formation, comme d’ailleurs celles de la majorité des médecins, était fondée sur un apprentissage pratique auprès d’un confrère et qu’il existait un phénomène de transmission familiale du savoir médical.

    Tel ne semble pas être le cas de Mousa car rien n'est dit sur l’appartenance de son père au corps médical. On notera simplement que Mousa indique sa filiation : elle était donc fille de citoyen. Comme la plupart des médecins grecs, et comme l’indique la qualité médiocre de sa stèle funéraire, Mousa appartenait à la classe moyenne.

    Puisqu’aucun époux n’est mentionné sur la stèle funéraire mais qu’une sage-femme devait avoir enfanté elle-même, il est logique de voir en Mousa une veuve.

    Mousa était savante dans son art. Son nom, Mousa, la « Muse », pourrait d'ailleurs être un surnom qu’on lui avait attribué de son vivant pour témoigner de son savoir. La femme sculptée sur la stèle tient un rouleau à la main. L'objet possède un double sens :
    - d'une part, il joue sur le nom de la défunte puisque le rouleau était l’attribut des Muses ;
    - d'autre part, le rouleau ne figure que rarement sur des stèles funéraires féminines et souligne toujours des qualités intellectuelles exceptionnelles. Ici, il témoigne des compétences médicales de Mousa.




    Bibliographie pour la fiche
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