UniFR Logo
    Modules > Naissance et petite enfance à l'époque romaine > La mort de l'enfant

    Démographie et mortalité infantile

    "Moi Vitalinus et Martina, père et mère frustrés de ce qui faisait notre gloire, avons consigné sur ce marbre la perte de nos enfants. Trois enfants, en vingt-sept jours ont été déposés ici par nous: notre fils Sapodus qui vécut sept ans et vingt-six jours et nos deux filles Rustica qui vécut quatre ans et vingt jours et Rusticula trois ans et trente-trois jours."
    CIL XIII 2033 (Ve s. apr. J.-C., Sainte-Colombe).


    L'enfant représente l'élément le plus fragile de la cellule familiale. Dans l'Antiquité, la mortalité périnatale et infantile était très élevée. Si aucun chiffre précis n'est disponible pour Rome, du moins l'historien peut-il tenter de l'estimer par déduction en comparant avec la démographie mieux documentée des sociétés préindustrielles, mieux documentée. Jusqu'à la fin du XIXe s., l'espérance de vie des jeunes enfants était très faible: un enfant quatre mourait au cours de la première année, seul un enfant sur deux atteignait l'âge adulte.

    Dans le monde romain, anecdotes et inscriptions funéraires montrent que la mortalité n'épargnait aucune couche sociale. Cornélie, la mère des Gracques (IIe s. av. J.-C.), eut ainsi 12 enfants dont seuls trois devinrent adultes. Faustine, l'épouse de Marc-Aurèle (IIe s. apr. J.-C.), mit au monde 13 enfants dont sept moururent avant la puberté. Elevée dans les familles aisées, la mortalité devait être encore plus forte dans les classes populaires.

    Les études basées sur les inscriptions funéraires le confirment, les familles nombreuses étaient rares. En Gaule romaine, la plupart des inscriptions ne mentionnent qu'un ou deux enfants.

    Les causes précises du décès d'un enfant sont rarement mentionnées. Elles étaient sans doute multiples. Beaucoup d'enfants mouraient en bas âge de maladie. Des affections qui peuvent paraître aujourd'hui anodines, comme les aphtes, la toux ou le coryza, pouvaient alors être fatales. Les médecins étaient particulièrement attentifs à la poussée des dents, susceptible d'entraîner des troubles digestifs et d'inquiétantes poussées de fièvres. Des inscriptions ont probablement gardé le souvenir de drames causés par des épidémies décimant des familles entières, comme l'épitaphe de Vitalinus et Martina, qui perdirent trois enfants en 27 jours.




    Liens

  • Table de mortalité
    Classics Department at the University of Texas at Austin.
  • La mortalité à l'époque moderne
    Michelle Perrot, dans Journées de Techniques Avancées en Gynécologie Obstétrique et Périnatalogie PMA.
  • Some obstetrical history. Dying to have a baby
    Dr. Ian Carr, University of Manitoba, Department of obstetrics, gynecology and reproductive sciences.

  • Bibliographie pour la fiche
Antiquit@s est un projet du Campus Virtuel Suisse - Contact : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse