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    Modules > Naissance et petite enfance à l'époque romaine > L'entrée dans la communauté

    La notion de rites de passage

    Dans toutes les sociétés, des rites spécifiques accompagnent les changements qui rythment le déroulement de la vie humaine, du berceau à la tombe. Naissance, puberté, mariage, mort constituent les principaux changements d'état dans les sociétés traditionnelles. Chaque passage comporte des stades successifs qui permettent à l'individu de s'adapter émotionnellement à la transition.
    Dans un livre fondateur (Les rites de passage, Paris, 1909), Arnold van Gennep a le premier analysé la structure de cette séquence. Il distingue trois phases: le temps de séparation, de marge, puis d'agrégation. Ces trois stades se retrouvent dans toutes les sociétés, mais ils sont plus ou moins longs et articulés à d'autres rites.
    Pourquoi retrouve-t-on ces rites dans toutes les sociétés humaines? Les phases de transition peuvent être synonymes de désordre. Elles sont potentiellement dangereuses pour la cohérence de la vie sociale. Le but des rites de passage est d'éviter le plus de perturbations possibles à la communauté en réglementant chaque étape. Le cas de la naissance est exemplaire. La naissance est un des grands passages de la vie, préparé et attendu par la communauté toute entière, un acte autant public que privé, individuel et physiologique. Les invariants biologiques (conception, accouchement, section du cordon, délivrance, premiers cris du bébé) rendent compte d'une partie des séquences rituelles.

    A Rome, la naissance accomplit la même transformation que la mort, mais en sens inverse:
    - Phase de séparation: un être quitte le monde invisible pour entrer dans la société des vivants.
    - Phase de marge: il reçoit les premiers soins, mais il n'est pas encore considéré comme un véritable être vivant. Son père peut librement choisir de le tuer ou de l'abandonner.
    - Phase d'agrégation: son père accepte de l'élever. Lors du dies lustricus, l'enfant reçoit un nom, des protections magiques et des insignes de son statut social. Il devient un membre de la communauté. Différentes pratiques visent à le parfaire et à le transformer en être humain à part entière.
    Une succession de gestes et d'usages en apparence simples (section du cordon, purifications, allaitement, modelage, emmaillotement...), mais qui expriment l'originalité d'une culture, va ainsi donner au nouveau-né son identité de Romain.


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    Liens

  • Biographie de Van Gennep
    Université du Québec à Chicoutimi

  • Bibliographie pour la fiche
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