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    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Société et économie à Avenches

    Les grosses fortunes

    "Tiberius Claudius Maternus, édile, a fait bâtir à ses frais la salle de jeu de paume"
    Inscription monumentale. Avenches. Première moitié du IIe siècle.

    Selon l’inscription monumentale présentée ci-dessus, Tiberius Claudius Maternus a financé la réalisation d’une salle de jeu de paume, un sport très apprécié par les Romains. Cette salle couverte et chauffée faisait partie d’un complexe thermal. Le nom du généreux donateur indique que l’homme était issu d’une famille indigène qui avait reçu la citoyenneté sous l’empereur Claude, vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C.
    Claudius Maternus était membre de l’ordre des décurions et il occupait la fonction d’édile lorsqu’il fit construire la salle de jeu de paume. Les décurions élisaient chaque année deux édiles qui avaient pour tâche de surveiller le commerce, la police et les bâtiments publics ; ils devaient également organiser les jeux du cirque. Maternus n’a pas profité de sa charge pour faire construire la salle de jeu de paume avec de l’argent public. Au contraire, il précise qu’il a recouru à ses propres deniers. Il est probable que sa générosité a valu à Maternus d’être réélu à une plus haute magistrature l’année suivante.
    Maternus, comme tous les décurions d’Avenches et comme tous les membres de l’élite sociale dans les cités de l’Empire, ne travaillait pas. A l’image des sénateurs romains, ces riches citoyens se contentaient de participer aux affaires civiques et de gérer leur fortune, qui reposait essentiellement sur des propriétés foncières.
    Les décurions s’impliquaient financièrement dans les grands travaux publics. A travers ces largesses consenties à la collectivité s’instaurait une sorte de compétition entre les membres de l’élite : chacun voulait dépenser davantage que son voisin. Les plus riches et les plus dépensiers étaient sûrs d’accéder aux plus hautes fonctions civiques. En même temps, par leurs réalisations architecturales, les familles de l’élite favorisaient la romanisation de la cité : grâce à son nouvel agencement urbanistique et architectural, Avenches acquérait un aspect romain ; les habitants s’accoutumaient à des usages romains comme les bains publics ou les sports.
    Les membres de l’élite dominaient la vie économique et culturelle de la cité. Mais leur générosité n’était pas désintéressée : c’est en dépensant de l’argent qu’ils assuraient leur domination sociale.




    Bibliographie pour la fiche
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