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    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Les femmes et les enfants à Avenches

    Familles et enfants

    "Consacré aux Dieux Mânes de Visellia Firma. Visellius Firminus et Iulia Secunda, ses parents profondément affligés, (ont élevé ce monument). Elle a vécu un an et 50 jours."
    Bloc de calcaire, Avenches, nécropole d'En Chaplix, IIe siècle

    Cette stèle funéraire de la petite Firma reflète, comme bien d’autres témoignages recueillis en Helvétie romaine, l'affection et l'intérêt des adultes envers les enfants.
    Si les tombes de nourrissons sont toujours anépigraphes, les enfants décédés après l’âge d’un an recevaient parfois une stèle funéraire. C’est le signe que le statut de ces enfants au sein de la famille différait de celui d'un nourrisson. Sur une dizaine d'épitaphes recensées en Helvétie gallo-romaine et concernant des défunts âgés de 1 à 18 ans, cinq concernent des enfants de moins de 3 ans, cinq des adolescents âgés de 12 à 18 ans. Le sexe de l'enfant n'entre pas en considération face à la mort: cinq filles et cinq garçons sont commémorés. Les mots gravés sur les stèles funéraires enfantines révèlent le chagrin des parents, comme le montre l’exemple de la stèle de Visellia Firma. Le décès d'un enfant avant celui de ses parents constituait l'un des plus graves motifs d'affliction dans la société romaine.
    L'épigraphie funéraire fournit des indications sur la composition des familles en Suisse gallo-romaine: ce sont en majorité des fratries de deux ou trois membres qui élèvent une sépulture pour leurs parents défunts. Cela signifie que seuls deux à trois enfants d'une même famille atteignaient l'âge adulte, après avoir sans doute vu mourir plusieurs frères et soeurs. Les lacunes de la documentation interdisent toute estimation sur le nombre moyen d'enfants nés dans chaque foyer en Helvétie, mais on connaît au moins une famille de quatre enfants, celle d’Icarus à Vidy. Une statuette en terre-cuite provenant du sanctuaire de Thun-Allmendingen représente une famille de pèlerins avec cinq enfants.
    Dès la fin du Ier siècle apr. J.-C., les artisans gallo-romains créent une production destinée à une clientèle féminine et révélant l'existence d'un culte domestique de la maternité : ce sont des figures de déesses-mères protectrices et de déesses allaitant, les deae nutrices. La diffusion du culte des déesses-mères celtiques a sans doute joué un rôle dans la valorisation du rôle parental en Helvétie, dans les Gaules et en Germanie sous l’Empire romain. Chez les Germains, selon Tacite, le fait d'avoir une grande famille était valorisé et l'infanticide considéré comme honteux.




    Liens

  • Fiche 2.3
    Famille d’Icarus à Vidy

  • Bibliographie pour la fiche
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