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    Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Le terme de "religion"

    Le "sacré" et le "profane" à Rome

    Le couple de mots « sacré » et « profane » a connu un grand succès tout au long des études d’histoire des religions. Les auteurs anciens discutaient déjà de leur signification.

    Est sacer « tout ce qui est considéré comme propriété des dieux ». L’adjectif ne qualifie pas une chose qui possède des caractéristiques divines ou une aura magique, mais un objet, un animal ou un homme qui a été transféré du domaine humain à celui des dieux. Cet adjectif a également acquis une connotation négative : selon une vieille tradition, celui qui avait commis un crime était confié aux divinités (sacratio). Il devenait ainsi sacer. Il pouvait être tué sans que le coupable ne soit poursuivi par la loi.

    Est profanus « ce qui n’a aucun rapport avec le culte, parce qu’étranger au temple et à la religion ». Le juriste Trébatius Testa précise encore qu’est profane « tout ce qui, après avoir été religieux ou sacré, a été transféré à l’usage et à la propriété des hommes ». Dans ce sens, « profane » ne constitue pas véritablement un terme opposé à sacré. Il désigne davantage un statut particulier, on pourrait dire « ultérieur », d’un objet qui, ayant appartenu au domaine divin, revient dans le domaine humain. Cela est évident dans la pratique du sacrifice. L’animal qui appartient au domaine humain passe dans celui des dieux par un rite de consécration (immolatio) avant d’être tué. À la fin du rituel, les hommes s’approprient à nouveau la viande de l’animal, qui devient ainsi « profane ».

    Dans le texte de Trébatius apparaît aussi l'adjectif religiosus. Celui-ci est proche de sacer, puisqu’il indique la propriété divine, mais il se réfère exclusivement aux tombeaux, propriétés des dieux Manes, ou à un lieu dont les dieux ont pris eux-mêmes possession sans que les hommes le leur aient offert (par exemple, un endroit foudroyé). Religiosus peut aussi qualifier des personnes et a une double valeur, positive (ceux qui agissent correctement en respectant le scrupule religieux) et négative (ceux qui voient des scrupules religieux partout, les superstitieux).

    Enfin, sanctus « saint » définit un lieu, une personne ou une chose inviolables, par exemple, les enceintes urbaines, certaines lois, les traités, les tribuns de la plèbe, les ambassadeurs. Leur intégrité est garantie par une sanction, qui est généralement une sacratio : celui qui viole un lieu saint ou agit contre une personne sainte, devient sacer


    Bibliographie pour la fiche
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