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    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Les classes sociales à Avenches

    Citoyens modestes et pérégrins

    "A la suite d’un vœu réalisé, T(itus) Nontrius Vanatactus a consacré (ce monument) à Neptune. Il s’est acquitté de son vœu librement et à bon droit."
    Dédicace à Neptune, plaque inscrite en forme de tabula ansata. Vidy. Epoque impériale (IIe-IIIe siècle).

    "Banira et Doninda (Dolvinda?), [ainsi que] Daedalus et Tato les enfants d’Icarus, pour leurs Suleviae qui prennent soin d’eux ; de même Cappo, l’a(ffranchi) d’Icarus"
    Dédicace aux Suleviae, bloc inscrit. Vidy. Epoque impériale (IIe-IIIe siècle)

    Ces monuments mentionnent des représentants des classes moyennes habitant sur le territoire de la colonie d’Avenches.
    Titus Nontrius Vanatactus vivait probablement dans le bourg lacustre de Vidy. Il a consacré un monument au dieu Neptune, divinité protectrice des eaux et des navigateurs dont la vénération paraît logique dans ce port commercial animé. Toutefois, il n’est pas exclu que derrière le nom romain du dieu soit dissimulée une divinité lacustre indigène.
    Le deuxième document est un bloc dédié aux Suleviae, des déesses protectrices celtes. Il émane d’un groupe d’individus, une famille composée du père Icarus, et de ses quatre enfants, deux filles – Banira et Doninda (Dolvinda?) – et deux fils Daedalus et Tato. L’affranchi au service de la famille, Cappo, s’est joint à son maître et aux enfants dans ce témoignage de piété.
    Outre Vanatactus et la famille d’Icarus, quelques dizaines de représentants des classes moyennes vivant à Avenches et sur le territoire de la cité nous sont connus grâce à des inscriptions. Se rencontrent parmi eux des citoyens romains porteurs de noms à consonance latine ou gauloise, aussi bien que des pérégrins et des affranchis à noms celtes, grecs, orientaux, ou romains. Dans certains lieux, l’onomastique gauloise représente près du tiers des témoignages recensés. C’est le cas dans l’atelier de potiers de Lousonna-Vidy. Entre eux, ces individus communiquaient en latin, langue administrative et officielle, mais aussi en gaulois, demeuré une langue vivante durant tout l’Empire. A travers la variété des noms, s’affirme la nature cosmopolite de la société gallo-romaine, soumise cependant à des règles administratives et juridiques communes.
    Les inscriptions qui mentionnent des représentants des classes moyennes sont essentiellement des stèles funéraires ou des dédicaces. En étudiant les noms cités, on peut déterminer le statut juridique et l’origine familiale des personnes concernées. Leurs inclinaisons culturelles et religieuses transparaissent dans les divinités honorées. Mais leur personnalité et leur parcours biographique nous demeurent presque toujours inconnus.



    Bibliographie pour la fiche
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