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    Modules > Reflet d'une société : les habitants d'Avenches sous l'Empire romain > Société romaine, société helvète

    Repères historiques

    Remarque préliminaire
    Le territoire de la Suisse actuelle englobe 7 régions qui ont connu un sort administratif distinct sous l’Empire romain :
    - la cité des Helvètes
    - les quatre cités du Valais
    - la Rhétie (Grisons)
    - le Tessin
    - Genève et le territoire des Allobroges
    - la colonie romaine de Nyon
    - la colonie romaine d’Augst.
    Après un très rapide survol général, nous nous attacherons seulement aux conséquences politiques et administratives de la conquête romaine en Helvétie ( = cité des Helvètes), sujet de ce module.

    Prémices
    Les premiers contacts noués entre Rome et les peuples vivant sur l’actuel territoire de la Suisse remontent au IIe s. av. J.-C., au moins. Deux axes de pénétration romaine sont attestés : les cols alpins, notamment le Grand-Saint-Bernard, et la Vallée du Rhône, de Marseille en direction de Genève. Le peuple gaulois des Allobroges, établi entre le Léman et l’Isère, est vaincu par Rome entre 125 et 121 av. J.-C.

    Bibracte et ses conséquences
    En 58 av. J.-C., les Helvètes, décidés à émigrer au Sud-Ouest de la France, sont arrêtés par César à Bibracte. Défaits, ils sont contraints de revenir sur leurs terres ancestrales du Plateau. Ils tentent encore de résister et participent à la coalition gauloise qui prit fin à Alésia, en 52 av. J.-C., par le triomphe de César. Celui-ci décide alors de contrôler les Helvètes en faisant établir (entre 45 et 40 av. J.-C.) une colonie à chaque extrémité de leur territoire: l’une est la Colonia Iulia Equestris (Nyon), l’autre est la Colonia Augusta Raurica (Augst, près de Bâle).

    La conquête des Alpes
    Si les Helvètes étaient passés sous obédience romaine dès 50 av. J.-C., les peuples alpins formaient encore une enclave indépendante au centre de l’Europe.
    C’est à l’empereur Auguste, fils adoptif de César, que revient l’initiative de la conquête des Alpes : en 25 av. J.-C., il soumet les Salasses, établis autour d’Aoste et fonde une colonie. C’est peut-être à ce moment là que les quatre tribus valaisannes (Nantuates, Véragres, Sédunes, Ubères) furent conquises.
    Sinon, elles le furent durant la campagne menée en 15-13 av. J.-C. par Tibère et Drusus : une opération en tenailles partie des cols orientaux des Alpes (Brenner, Julier/Septimer) fit tomber sous la coupe de Rome les Rhètes et les autres peuples montagnards établis entre Coire, le lac de Constance et la Limmat. Trois tours de garde romaines sur le lac de Walensee et le camp de Vindonissa datent vraisemblablement de cette campagne, qui soumet encore quelques tribus du Tessin. Tous les peuples alpins vaincus entre 25 et 13 av. J.-C., peuples dont la localisation est parfois délicate, sont notés sur le trophée de La Turbie, dressé dans les Alpes Maritimes en 7-6 av. J.-C.

    La cité (civitas) des Helvètes sous le Haut Empire
    Le Plateau suisse correspond au territoire de la  « cité des Helvètes ». A la différence d’une colonie romaine, créée ex nihilo et abritant des citoyens romains, une « cité » était une division territoriale antérieure à la conquête, soumise au contrôle d’un peuple indigène. Après la conquête, Rome englobe et administre les cités indigènes en respectant généralement leurs anciennes limites.
    Sous l’Empire, une « cité » se composait d’un centre urbain, formant capitale, et d’un territoire. Les habitants étaient en majorité des pérégrins, mais pouvaient aussi compter des citoyens romains dans leurs rangs.
    La cité des Helvètes avait Avenches pour capitale et possédait un vaste territoire allant du Jura au Alpes et du Rhin au Léman.
    L’organisation de la cité des Helvètes entre 50 av. J.-C. et 50 apr. J.-C. est très mal connue. La cité a peut-être été dirigée par un magistrat principal, le magister. Son territoire semble divisé en quatre pagi, traces possibles d’anciens clans helvètes conservés par l’administration romaine. Des agglomérations secondaires (vici) s’implantent çà et là, dans les zones de passage : port de Lousonna-Vidy, Moudon, Soleure, Baden, Vindonissa (Windisch). Certains nobles helvètes favorisent la romanisation de la cité.
    Au début de l’Empire, la cité des Helvètes est rattachée administrativement à la province de Gaule Belgique.

    La colonie d’Avenches
    Lorsqu’en 68 apr. J.-C., la mort de Néron suscite une guerre civile dans l’Empire, les Helvètes prennent parti pour l’un des candidats au trône, Galba. Les troupes d’un rival de Galba,Vitellius, notamment la XXI Légion Rapax stationnée à Vindonissa, traversent alors le Plateau suisse tandis que les Helvètes fidèles à Galba tentent en vain de résister : Baden fut incendiée, Avenches épargnée de justesse.
    Vainqueur de Vitellius en 69 apr. J.-C., Vespasien se montre favorable aux Helvètes : il faut dire que son père, Flavius Sabinus, était établi à Avenches et que son fils Titus y avait probablement passé une partie de son enfance. Vers 71 apr. J.-C.,Vespasien accorde à Avenches un titre nouveau : Colonia Pia Flavia Constans Emerita Helvetiorum Foederata. Chaque mot de ce titre rend compte de la refonte juridique du statut de la ville, statut qui est très débattu par les spécialistes modernes.
    Entre 72 et 83 apr. J.-C, Vespasien et son fils Domitien étendent la domination romaine au-delà du Rhin et du Danube. Cette conquête engendre une réorganisation des provinces d’Occident. La cité des Helvètes est désormais rattachée à la province de Germanie Supérieure. Le Plateau est démilitarisé au profit de la frontière sur le Rhin : le camp de Vindonissa est abandonné en 101 apr. J.-C.
    Un siècle de paix s’ensuit. Les premiers troubles dus à des invasions barbares apparaissent en 171-172 apr. J.-C. : les Quades et Marcomans font une incursion jusqu’en Rhétie ; une légion romaine y est désormais stationnée. D’autres peuples barbares déboulent : les Allamans parviennent jusqu’au Plateau suisse entre 260 et 275 apr. J.-C., mais se heurtent à l’armée romaine. Avenches subit néanmoins de gros dommages et met du temps à se rétablir.

    Liens

  • Fiche 2.1
    Magister et le rôle des nobles helvètes dans la romanisation.
  • Fiche 2.2
    Le rôle des nobles helvètes dans la romanisation (suite) et Flavius Sabinus.
  • Fiche 1.2
    Sens du mot pérégrin.

  • Bibliographie pour la fiche
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