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    Monnaie et argent : définitions

    La langue française ne possède pas la distinction utile que font l'allemand entre Geld et Münze, ou l'anglais entre money et coin. Le terme "monnaie" désigne aussi bien les pièces métalliques qui servent aux transactions que le concept plus global d'intermédiaire des échanges, de mesure des valeurs. Par souci de clarté, le terme "argent", en tant que synonyme de la monnaie prise dans son acception générale, sera parfois employé dans les définitions ci-dessous, afin d'éviter toute ambiguïté.

    On définit comme argent tout moyen d'échanges qui est communément reconnu et se situe dans une relation déterminée de valeurs avec les marchandises à échanger. La monnaie - la pièce - constitue seulement une forme d'argent parmi d'autres ; nous connaissons aujourd'hui encore, parallèlement à la monnaie métallique, d'autres moyens de paiement comme, par exemple, le papier-monnaie ou la monnaie électronique sous forme de carte de crédit. 

    La pièce métallique possédait dans l'Antiquité des avantages considérables, qui faisaient d'elle la forme principale de monnaie :

    • il faut mentionner sa petite taille et, par conséquent, son faible poids, qui était associé à une valeur intrinsèque relativement élevée ;
    • le choix des métaux nobles, l'or et l'argent, ainsi que les différents alliages de cuivre et de bronze, conféraient de plus aux monnaies ainsi fabriquées une usure relativement faible, de sorte que les pièces, en tant que moyens d'échanges, pouvaient conserver leur valeur plusieurs années ;
    • troisièmement, il est à souligner que, dans l'Antiquité, la valeur d'une monnaie provenait en première ligne de la valeur matérielle du métal précieux qui la composait. Cette particularité fait que la monnaie antique, contrairement à la moderne, est qualifiée de "monnaie-marchandise" ou de "monnaie de valeur", et non d'argent à crédit, dont la valeur matérielle est inférieure à la valeur nominale, et qui prend effet seulement par une reconnaissance générale.

    La monnaie antique peut donc être définie comme une pièce standardisée de métal précieux, qui reçoit sa valeur d'échange par le titre de son métal et par son poids. Avec les signes frappés sur les pièces, la place d'émission garantit que la monnaie possède bien l'aloi et le poids prescrits, afin que cette dernière soit largement acceptée par les acheteurs.

    Vous trouverez ci-dessous d'autres définitions, antiques et modernes, de l'argent et de la monnaie. Consultez-les et comparez-les.


    Textes

  • Aristote : définition de la monnaie
  • Aristote, Politique (1257 a 28 - 1257 b 19)
  • Propos d'Aristote sur la nécessité économique de la monnaie
  • Aristote, Ethique à Nicomaque, 5,8 (1132 b 31 - 1133 b 28)
  • Regling : conception de la monnaie antique au XXe siècle
  • K. Regling, "Münzkunde". In: Gercke / Norden, Einleitung in die Altertumswissenschaft, 4. Auflage (4e éd.) 1932, 2, p. 1 et suivantes.
  • Jörn Altmann : les fonctions économiques de la monnaie
  • Jörn Altmann, Volkswirtschaftslehre; Die ökonomischen Funktionen von Geld, 6. Auflage (6e éd.), Stuttgart, 2003, p. 80.
  • H.-M. von Kaenel : une définition de la monnaie antique pour le XXIe siècle
  • Hans-Markus von Kaenel, "Römische Numismatik". In: F. Graf (éd.), Einleitung in die lateinische Philologie, Stuttgart-Leipzig, 1997, p. 670.
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