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    Modules > Epigraphie grecque > Comment étudier et publier une inscription ?

    Etablissement du lemme

    Cette première étape indispensable a pour but de rassembler toutes les informations relatives à l'inscription :

    1. Type d'objet (en précisant son état de conservation) et lieu de provenance
    2. Lieu de conservation
    3. Bibliographie (publications antérieures si elles existent)
    4. Mesures (dimensions de l'objet, hauteur des lettres)
    5. Disposition des lettres (boustrophédon ou stoichédon s'il y a lieu)
    6. Datation

    A l’origine, les inscriptions étaient avant tout des dédicaces incisées sur des offrandes comme un vase ou une figurine. La disposition des lettres était donc adaptée à la forme de l’objet. Elle pouvait, par exemple, se développer sur le cou d’un animal, sur la jambe d’une statuette anthropomorphe ou encore sur la panse d’un récipient (cf. Image 2).

    A l’époque archaïque, le sens de la lecture n'était pas définitivement établi. On trouve des inscriptions allant de droite à gauche ou de gauche à droite et le sens pouvait même alterner d’une ligne à l’autre. Une telle disposition n'était pas rare. On l'a appelé boustrophédon (formé de bous, boeuf et strophein, tourner) car elle reproduit le trajet du boeuf qui tire l’araire en faisant des allés retours.

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    L'essor des inscriptions dans le cadre civique contribua d’une certaine façon à la régularisation de l’écriture en uniformisant, par exemple, la taille des lettres et en imposant la ligne droite. Le stoichédon (formé sur l’expression, kata stoichous, en ligne) est un style d'écriture qui s’imposa à partir de la fin du VIe s. et qui fut employé jusqu’au IIIe s. Chaque lettre occupe horizontalement le même espace (un iota a droit à la même place qu'un omega) et les lettres sont aussi alignées verticalement.
    Les textes gravés en stoichédon sont très commodes pour l'épigraphiste car ils lui permettent de connaître le nombre de lettres par ligne - et ce nombre est identique à chaque ligne. Quand une inscription est fragmentaire, l'épigraphiste sait exactement le nombre de lettres manquantes dans les lignes incomplètes !

    Si l’inscription que l’on étudie est écrite en boustrophédon ou en stoichédon, il faut, en principe, le préciser dans le lemme.


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