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    Modules > Epigraphie grecque > Quelles sont les principales inscriptions ?

    Les actes d'affranchissement

    On peut distinguer deux types d'affranchissement:

  • le type religieux : la vente fictive à une divinité ou la consécration à une divinité

  • le type civil : la libération par testament ou l’affranchissement du vivant du maître
  • A Delphes, la plupart des actes d’affranchissement figurant sur le «mur polygonal» sont des ventes fictives. L’esclave verse une certaine somme d’argent à la divinité qui la remet ensuite au maître censé le lui avoir vendu.
    L’affranchissement par consécration, sous sa forme la plus élémentaire, se présente ainsi :

    «Untel a consacré Untel à tel dieu»

    L’esclave est véritablement “consacré” à un dieu. Dans le formulaire usuel, il était d’usage de faire figurer en tête de l’acte d’affranchissement une datation (mention d'un magistrat éponyme ainsi que le mois où a eu lieu l'affranchissement), ensuite apparaissait la formule habituelle formée des noms du maître et de l’esclave joints par le verbe anatithemi (=consacrer) ou anieroo (=vouer, dédier), puis intervenait la mention de la divinité à laquelle l'esclave était consacré. Différentes clauses pouvaient encore être ajoutées à l'acte, telles des clauses de résidence obligatoire auprès du maître (paramone) ou des clauses de sauvegarde, destinées à protéger les affranchis contre toute atteinte à leur nouveau statut. La mention de témoins était en outre très fréquente à la fin des actes.
    Ces affranchissements à titre gratuit étaient beaucoup moins nombreux que les affranchissements par vente fictive. Comme l’esclave était consacré à une divinité, c’était le devoir du prêtre et des magistrats de protéger la liberté du nouvel affranchi.

    Bien souvent, l’esclave affranchi demeurait dans l’entourage de son maître. Il pouvait en effet difficilement s’éloigner de son ancienne maisonnée, de l’oikos de son maître, où se trouvait son prostates, son patron, qui lui assurait une certaine protection et qui était appelé à le représenter dans différentes opérations de la vie courante (achat, vente, …). Ce que l’esclave acquérait par l’affranchissement, c’était le précieux statut d’être humain, et non plus de simple bien mobilier que l’on pouvait vendre ou acheter à souhait.



    Bibliographie pour la fiche
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