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    Modules > Religions grecque et romaine : quelques thématiques > Le contact avec les dieux

    La divination à Rome

    À Rome la divination est une activité qui intéresse la sphère publique et la sphère privée. Si, pour des questions privées, les méthodes de divinations étaient innombrables (devins itinérants, prophètes, magiciens, haruspices, augures, etc.), dans la religion publique seules trois formes de consultation étaient reconnues : la divination des augures, la consultation des livres sibyllins, la consultation des organes intérieurs des victimes sacrificielles (extispicium).
    Le collège des augures s'occupe de l'interprétation des signa impetrativa, c'est-à-dire des signes que les hommes demandent aux dieux dans un lieu et dans un moment précis. Un magistrat, par exemple, qui doit partir pour une campagne militaire, consulte la disposition des dieux. L'augure l'aide à interpréter les signes qu'il a perçus (auspicia). Les augures de l'époque historique accomplissent la divination surtout en observant des poulets : si un poulet sorti de sa cage mange, l'auspice est favorable. Le meilleur signe en absolu est un poulet qui, en mangeant, laisse tomber quelques miettes de nourriture de son bec.
    La consultation des livres sibyllins est accomplie par un autre collège sacerdotal, les quindecemviri sacris faciundis. Cela se fait à l'apparition des signa oblativa, c'est-à-dire signes qui se manifestent spontanément, sans que les hommes les demandent (prodigia). Quand, par exemple, se vérifie une catastrophe naturelle, les quindécemvirs, sous ordre du Sénat, consultent les livres. Ensuite ils présentent au Sénat leur réponse qui indique non pas les causes du prodige, mais les rites nécessaires pour apaiser les dieux et rétablir la pax deorum. Souvent ce sont les quindecimvirs eux-mêmes qui accomplissent les rites indiqués par les oracles sibyllins.
    L'exticipicium est la forme divinatoire qui intervient à l'occasion de chaque sacrifice animal. Cette technique propre de l'art augural étrusque est également appelée haruspicine, puisque c'est un haruspice qui observe les organes. Ce type de consultation sert fondamentalement à tester si les dieux acceptent la victime qui leur est offerte (litatio). Si les organes internes, exta, sont bien disposés dans le corps de l'animal, cela signifie que rien ne dérange la communication entre hommes et dieux : ceux-ci n'ont aucune rancune envers les humains. Si, par contre, les organes présentent des anomalies, alors les dieux sont censés refuser le don. Les hommes, dans ce cas, essaient de les faire changer d'avis, en leur offrant d'autres victimes (instauratio).
    Même si parfois dans la littérature latine, un rite divinatoire sert d'expédient pour annoncer les maux à venir, les pratiques divinatoires dans le quotidien romain n'avaient nullement la fonction de prédiction, ni de prophétie. Les trois méthodes de divination remplissent plutôt le rôle de régulation du rapport entre les dieux et les hommes dans le présent : la prise des auspices par les augures sert à contrôler si les dieux donnent leur aval à une action à accomplir; la consultation des livres sibyllins à réparer une rupture dans l'harmonie des rapports avec les dieux; l'extispicium est un contrôle continu pour s'assurer que les dieux sont toujours à côté des Romains.



    Liens

  • Le sacrifice romain
    Fiche 2.3 de ce module.
  • Acception du terme "augurium"
    Bill Thayer's Web Site, Augur, Augurium, William Smith, D.C.L., LL.D., A Dictionary of Greek and Roman Antiquities, John Murray, London, 1875.

  • Bibliographie pour la fiche
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