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    Modules > Religions grecque et romaine : quelques thématiques > Des actes de culte

    Prier les dieux en Grèce

    En Grèce ancienne, la prière est une prise de parole par laquelle l'homme, ou bien s'adresse à la divinité, ou bien tente de recourir à des puissances supérieures pour obtenir un résultat. Elle accompagne la plupart des rituels, mais peut se manifester aussi de manière autonome. Elle peut être formulée pour un groupe par l'un de ses représentants (prêtre, magistrat) ou à titre individuel. Elle n'entre dans aucun carcan liturgique et se caractérise par une absence de formalisme qui permet à chacun de prier, discrètement et dans la mesure de requêtes recevables.
    La prière la plus courante (euche) présente une demande : à la captatio benevolentiae, ou invocation, succèdent les considérations propres à convaincre le dieu et enfin l'objet de la requête, selon un schéma tripartite qui est celui de toute argumentation rhétorique. L'orant, préalablement purifié, se présente alors en station debout, les bras étendus, les mains ouvertes vers le ciel, la mer ou une statue. La prière se fait votive si le fidèle assortit sa sollicitation d'une promesse. Plus rarement, il consulte le dieu sur la pertinence d'une démarche et fait lire, par exemple dans les entrailles de l'animal sacrifié, l'approbation ou la désapprobation du dieu. Enfin, il peut exprimer sa gratitude dans une prière, mais cette forme d'action de grâces est peu attestée.
    Contrairement à ce que l'on pense souvent, la prière n'est pas un marché sordide qui tendrait à contraindre les dieux d'accéder à une demande. La nécessaire persuasion qui préside à la requête implique la liberté des parties. La prière n'est pas un instrument à la seule fin d'une satisfaction. L'homme qui prie sollicite l'attention des dieux et cherche à mettre ses actions en accord avec leur volonté. L'aboutissement de la prière est le signe manifeste de cette adéquation.
    D'après Platon, les hymnes sont des prières chantées. Ils allient alors la louange des dieux, d'étendue variable, à une brève prière finale. On peut discuter une telle typologie, mais l'hymne prononcé ou chanté dans un cadre cultuel est conçu comme une offrande à la divinité, qu'il intègre une requête - auquel cas, on pourrait l'assimiler à une prière - ou non. Il s'agit avant tout d'honorer et de réjouir le dieu.




    Bibliographie pour la fiche
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