UniFR Logo
    Modules > Démocratie grecque > La naissance de la démocratie athénienne

    Solon met Athènes sur la voie de la modernité

    Dans les colonies de type agricole, le partage initial de la terre se faisait sur une base égalitaire, mais la situation initiale ne se maintenait pas toujours. Les anciennes cités connaissaient aussi des difficultés entraînant des situations de guerre civile. Les crises des cités de l'époque archaïque étaient dues à des rivalités des clans aristocratiques qui se disputaient le pouvoir mais aussi aux difficultés de paysans appauvris par les partages successoraux et les dettes. On faisait appel aux législateurs pour régler ces situations difficiles.
    D. Asheri a défendu la thèse qu'il existe des relations bien définies entre les lois relatives aux successions, à la distribution des terres et les constitutions politiques; que les régimes politiques se répartissent en deux catégories, l'une agraire, qui tente de réaliser une certaine égalité foncière, l'indivisibilité et l'inaliénabilité des kléroi, et prône le contrôle des naissances, l'autre défendant la liberté individuelle, considérant la possession des biens immobiliers comme une affaire privée. Théorie séduisante, même si ses conclusions sont un peu schématiques.
    Si l'on accepte ce schéma, on admettra que c'est Solon qui a mis Athènes sur la voie de la modernité. Au IVe siècle, sa figure est devenue tellement mythique qu'on ne sait plus très bien ce qu'il faut lui attribuer. Dans la Constitution d'Athènes, Aristote cite des extraits des poèmes par lesquels Solon avait justifié ses réformes. Ce sont des documents incomplets et d'interprétation difficile, mais contemporains de ses réformes. On le crédite de la seisachtheia, abolition des dettes (littéralement: le fait de secouer le fardeau) et de l'interdiction de l'esclavage pour dette. Ces réformes ne furent pas une remise en cause des structures en place. On hésite aujourd'hui à lui attribuer, comme le faisait Aristote, la création des classes censitaires: pentacosiomédimnes, (ceux dont le revenu était de 500 mesures), chevaliers, zeugites (ceux qui possèdent une paire de bœufs) et thètes (= valets; cf. à Rome les capite censi). Elle permettait de mieux répartir les charges et les honneurs. Solon a également codifié des lois, mais il n'a pu empêcher la guerre civile d'éclater à nouveau après lui.


    Bibliographie pour la fiche
Antiquit@s est un projet du Campus Virtuel Suisse - Contact : sandrine.codourey(at)unifr.ch & Centre NTE - Université de Fribourg - Suisse