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    Modules > Religions grecque et romaine : quelques thématiques > Les lieux et le personnel du culte

    Le personnel cultuel romain

    Comme en Grèce ainsi à Rome, chaque citoyen peut célébrer les cultes. Le pater familias, c'est-à-dire le chef de la communauté domestique, les membres d'une corporation et les magistrats peuvent faire un sacrifice ou un rite d'offrande. Mais alors quel est le rôle des prêtres (sacerdotes) ? En effet, la fonction des ces "experts" de la religion n'est pas exclusivement l'exécution des actes religieux, mais surtout la conservation et le contrôle de la tradition religieuse publique : cette tâche spécifique ne peut être remplie que par ceux qui font partie des organisations sacerdotales.
    Le mythe d'origine de la civilisation romaine veut que l'ancien roi ait eu toutes les fonctions suprêmes et aussi la direction des affaires religieuses. Cependant, il était aidé dans cette tache par différentes institutions sacerdotales, créées par le roi Numa. Avec le passage de la Monarchie à la République, le roi cède la place, dans le champ religieux, au rex sacrificulus (le roi des rites) et les différentes prêtrises s'organisent autour de cette figure. Les Romains aiment faire remonter leur organisation religieuse à ce temps mythique pour souligner, grâce à l'autorité du passé, l'importance de ces institutions et expliquer ainsi leurs différentes compétences. En effet, les prêtrises ont des fonctions bien précises et non interchangeables. À titre d'exemples, on pourrait dire que les pontifes s'occupent principalement du droit sacré, les augures de la divination des signes demandés, les quindécemvirs de la consultations des livres sibyllins, les fétiaux de la déclaration de guerre, etc. Parmi ceux-ci, il y a des prêtrises qui semblent représenter l'autorité d'une divinité sur terre. Les Vestales par exemple, qui doivent conserver leur virginité pendant les trente ans de leur charge, rappellent la pureté du feu sacré de Vesta, dont elles sont les prêtresses. Un cas particulier est celui des flamines. Nous connaissons l'existence de trois flamines majeurs et de douze flamines mineurs. Ces derniers ont perdu de leur importance au cours de l'histoire et, à l'époque de nos sources, ils semblent ne plus remplir aucune fonction. Les trois flamines majeurs sont eux aussi liés à un ordre religieux plus ancien que celui de l'époque historique : ces trois prêtres s'occupent des cultes d'une ancienne triade, composée de Jupiter, Mars et Quirinus, à laquelle s'est substituée la triade capitoline de Jupiter, Junon, Minerve. Cependant les flamines majeurs intervenaient encore dans la vie publique de la fin de la république et de l'empire, par exemple à l'occasion du culte annuel pour la déesse Fides. Par les interdictions auxquelles il était soumis, le flamine de Jupiter (flamen Dialis) a tout particulièrement attiré l'attention des écrivains anciens. En effet, il lui est interdit de se promener sans son chapeau spécial, de s'approcher d'un mort, de toucher à une chèvre, à un chien, à la viande crue, à la farine et au levain. Ces étranges tabous peuvent s'expliquer, si l'on considère que cette figure est l'équivalent d'une "statue vivante" de Jupiter et que ce dieu ne peut pas entrer en contact avec des éléments qui sont opposés à sa puissance.
    La farine et le levain, par exemple, sont des aliments qui rappellent le mélange et la putréfaction et s'opposent au sens de l'ordre incarné par Jupiter.
    L'histoire des collèges sacerdotaux est étroitement liée à l'histoire politique et sociale de la ville de Rome. Le nombre de leurs membres augmente jusqu'à l'Empire. Des changements législatifs, à partir du 300 av. J.-C., permettent aussi aux plébéiens d'acquérir les charges sacerdotales d'abord réservées aux seuls patriciens.



    Liens

  • La divination à Rome
    Fiche 3.2 de ce module

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