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    Modules > Religions grecque et romaine : notions et méthodes > Le terme de "religion"

    Dire la "religion" à Rome

    Nous avons vu que la notion de religio correspondait, pour les Romains de l’époque de Cicéron, au concept de « cultiver les dieux par l’accomplissement des actes rituels ». Les Romains désignent ces pratiques du terme générique de sacra. Le droit qui s’occupe de ces questions est le ius sacrum et constitue un chapitre du ius publicum (droit public), puisque la religion, à Rome, n’est pas séparée des autres sphères de la vie communautaire, mais bien partie prenante de celle-ci. Si l’on pouvait demander à un Romain ce qu’est pour lui la religion, il nous répondrait probablement comme le faisait Cicéron : les rites, les auspices et les présages. La religion ne comprend donc pas seulement les rites pour honorer les dieux, mais aussi l’interprétation des signes envoyés par les dieux.

    La piété
    Pour un Romain, la pietas est le sentiment de respect envers les dieux, la patrie et la famille, ainsi que la volonté de leur rendre services et honneurs. L’exemple le plus représentatif de cette qualité est Énée qui fuit la ville de Troie avec son père, son fils et les dieux pénates pour fonder sa nouvelle patrie dans le Latium.

    Les rites
    Sacra est un terme générique. Le mot caerimonia traduit de plus près notre mot «rite». Le mot ritus, par contre, ne recouvre pas le même champ sémantique que le français « rite ». C’est en effet seulement avec les chrétiens que ce mot a pris la signification d’«action religieuse», la même qu’il a conservée dans les langues romanes. Pour les Romains polythéistes, ritus signifie la «façon d’accomplir l’action religieuse» et ne contient aucune information sur le contenu de cette action. Dire, par exemple, qu’un sacrifice est accompli ritu Graeco ne signifie pas qu’il s’agit d’un sacrifice grec, mais simplement que sa procédure d’accomplissement comprend certains éléments grecs.

    La tradition et la croyance
    La religion romaine est une «religion ritualiste». Cela signifie que le rite occupe une place centrale. Le devoir religieux d’un Romain consiste, en effet, à accomplir correctement les pratiques religieuses, c’est-à-dire à les accomplir selon la tradition des pères (mos maiorum). Au-delà de cela, la religion romaine ne connaît pas de dogme ni l’idée du péché.
    Les Romains croient à l’existence des dieux et à l’efficacité de leurs cultes. À leurs yeux, l’existence et la grandeur de Rome ne pourraient s’expliquer autrement que par la faveur des dieux: satisfaits des rites, ceux-ci surveillent la Ville et lui accordent le salut éternel.



    Bibliographie pour la fiche
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