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    Modules > Famille et parenté > Statut de la femme dans la famille

    Avortement et contraception

    Aujourd'hui,le droit à la contraception et à l'avortement provoque de vifs débats qui mettent en jeu des valeurs morales relatives notamment au droit à la vie, à la liberté individuelle. Dans l'Antiquité, déjà, partisans et opposants du contrôle des naissances s'affrontaient. Cependant, contrairement à de nos jours, ce n'était ni la religion, ni la loi qui réglementait les conduites à suivre en ce domaine. C'étaient les philosophes et les médecins qui opposaient leurs opinions et positions.

    Les méthodes contraceptives utilisées dans l'Antiquité étaient variées et plus nombreuses que de nos jours. Il existait des moyens mécaniques, chimiques et magiques. Les premiers étaient relativement naïfs. En effet, on se figurait que si le sperme masculin était entièrement absorbé par la matrice, la femme était certaine de concevoir. Par conséquent, on pensait que se lever rapidement après l'acte sexuel, éventuellement de se laver, était un bon moyen anticonceptionnel. Une autre méthode, le coïtus interruptus, est rarement mentionnée dans les textes, peut-être à cause de son évidence ou parce qu'elle était déconseillée. Les médecins croyaient que la rétention du sperme en fin de coït pouvait être dommageable pour les reins et la vessie.
    Il existait également des diaphragmes ou des bouchons à placer dans le vagin, des crèmes dont on enduisait le pénis ou des drogues fantaisistes.

    Des recommandations d'auteurs relevaient de la magie. Aetius conseillait de porter un foie de belette dans un tube attaché au pied gauche. Pline l'Ancien prescrivait l'utilisation d'un petit sac contenant deux vers attachés dans une peau de daim que la femme devait porter sur elle avant le lever du soleil. Plus sérieuse était l'utilisation du rythme menstruel. Malheureusement, les médecins de l'Antiquité pensaient que la femme était fertile durant les quelques jours qui suivent la fin des règles et recommandaient donc la continence pendant cette période qui, en fait, est stérile. Il est donc impossible d'évaluer le degré de succès de la contraception antique.

    Nous avons plus de renseignements sur les pratiques de l'avortement dans le monde romain grâce à deux types de sources: les traités littéraires et médicaux, et les sources juridiques. De multiples mélanges étaient censés avoir un effet abortif. Ils se combinaient fréquemment avec des prescriptions astrologiques qui fixaient les périodes favorables à la conception. Pline rapporte que l'on préconisait à la femme enceinte l'enjambement d'un œuf de corneille qui provoquerait l'avortement par la bouche (?). Les méthodes mécaniques avaient peut-être plus d'effet : sauter en remontant les talons jusqu'aux fesses, porter de lourdes charges, serrer le ventre ou éternuer for Le plus sûr mais aussi le plus dangereux était l'intervention chirurgicale par l'introduction d'objets coupants dans l'utérus. On employait ce procédé surtout en cas d'adultère ou dans le milieu des prostituées. Au niveau juridique, on note une absence de législation au sujet de l'avortement et de l'abandon d'enfant à Rome. Ce qui est certain, c'est que la loi romaine ne considérait pas le fœtus comme un être humain mais comme une partie du corps de la mère. L'avortement ne pouvait donc être considéré comme un crime envers l’enfant à naître. Seul le mari pouvait porter plainte en sa qualité de père lésé d’un descendant.

    En conclusion, il semble que dans les derniers siècles de l'Antiquité, l'hostilité ait été le sentiment prédominant à l'égard de la pratique de l'avortement considéré comme solution extrême et dangereuse pour la vie de la mère. Et en ce qui concerne la contraception, peu d'auteurs s'élèvent contre elle. Elle semblait aller de soi et dépendre librement du choix de chacun.



    Liens

  • Medicine and Anatomy
    Site Diotima.
    Soranus, Gynaecology 1.24, 26, 34, 36, 39, 40, 60, 61, 64. Tr. O. Temkin. G
    Menstruation, conception, contraception and abortion. Rome, 1st cent. A.D.
  • Greek and Roman Surgical Instruments
    The Asclepion, site of Indiana University Bloomington.

  • Bibliographie pour la fiche
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