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    Modules > Religions grecque et romaine : quelques thématiques > Les lieux et le personnel du culte

    Des lieux de culte à Rome

    Le temple de la Fortune à Pompéi.
    Restauration de Weichardt.
    D'après R. Cagnat, V. Chapot, Manuel d'archéologie romaine, I, Paris, 1917, fig. 73.
    Plan du temple de la fortune à Pompéi.
    D'après P. Lavedan, Dictionnaire illustré de la mythologie et des antiquités grecques et romaines, Paris, 1931, fig. 900.

    Le dessin ci-dessus représente un temple (aedes, delubrum, fanum, ou templum) comme ceux qui étaient diffusés à Rome et dans l'Italie centrale. À la différence du temple grec, le temple romain ou italique repose sur un haut podium et ne compte des colonnes que sur la partie antérieure (pronaos). À cela près, la ressemblance avec le temple grec est remarquable. Le temple romain est également entouré d'une enceinte, et souvent par des portiques.
    À l'intérieur du bâtiment se trouve la cella (correspondant au grec naos), un endroit fermé, accessible seulement pour des raisons cultuelles. Là s'élève la statue du dieu. Un sanctuaire dédié à plusieurs divinités comportait plusieurs cellae, chacune contenant une seule statue (cf. plan du temple de la triade capitoline, dont les trois cellae sont dédiées respectivement à Junon, Jupiter, Minerve). Comme pour le temple grec, l'élément le plus important est l'autel (ara) qui se trouve à l'extérieur devant le temple. L'autel en effet est indispensable et suffit, à lui seul, à la célébration des cultes, même quand il est très provisoire comme celui décrit par Ovide (Métamorphoses, XV, 573-576) : "Il [Cipus] élève des autels de vert gazon et, pour se concilier les dieux, il allume sur l'herbe des feux parfumés".
    Dans les temples romains étaient souvent conservés différents types de documents sacerdotaux ou publics et des objets. Dans le temple d'Apollon, par exemple, se trouvaient les livres sibyllins, dans le sanctuaire de Dea Dia, les actes des Frères Arvales, la prêtrise qui s'occupait du culte de cette déesse. Un cas particulier est représenté par le sanctuaire de Vesta sur le Forum Romanum, où sont conservés le feu sacré de la ville de Rome et des objets talismaniques provenant du passé le plus lointain (un bouclier offert par Jupiter à Numa, le palladium amené par Énée de Troie, etc.) et ayant le pouvoir de sauvegarder la stabilité de Rome (pignora imperii). Les temples sont donc aussi des lieux de mémoire : ils rassemblent des archives, mais aussi les objets qui créent l'identité culturelle du peuple romain.
    Les temples ont été dédiés et consacrés par les hommes aux dieux. À côté de ce type de lieux de culte, les divinités ont elles-mêmes jeté leur dévolu sur des lieux particuliers. Il s'agit par exemple des sources, où résident les Nymphes; des fleuves et des bois (luci), demeures de plusieurs divinités. L'un des luci est resté fameux surtout grâce au livre de J. G. Frazer Le rameau d'or : c'est le bois sacré de Némi (lucus nemorensis) appartenant à la déesse Diane, où un étrange, et pour nous obscur, rituel de mort était mis en scène à échéances irrégulières.


    Images



    Liens

  • Reconstitution virtuelle de la Rome antique
    Pôle pluridisciplinaire "VILLE - Architecture, Urbanisme et Image Virtuelle" (Université de Caen.
  • Les édifices religieux
    Même site que le lien précédent.

  • Bibliographie pour la fiche
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