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    Modules > Sources écrites de l'Egypte ancienne > Textes "historiques": reflets de l'idéologie politique

    La bataille de Qadesh de Ramsès II

    Le milieu du 14e siècle avant notre ère vit l'apparition dans le Proche Orient d'une nouvelle grande puissance : les Hittites dont la capitale se situait en Anatolie, l'actuel Bogaskoy (Turquie). Cette puissance établit une zone d'influence au sud de son territoire, dans la région de l'actuelle Syrie, où elle afféoda de nombreux petits états et états-ville en leur imposant un statut de vassal. Il s'agissait d'une pratique courante à l'époque mise en oeuvre également par l'Égypte. Les petites entités étaient obligées de jurer leur fidélité à la grande puissance, de garantir une exclusivité ou une priorité pour les échanges commerciaux. Les petits devaient souvent payer des tributs en échange d'une protection militaire ; mais ils devaient aussi fournir de l'aide militaire au grand. L'extension de l'empire hittite menaçait les possessions égyptiennes dans le Proche Orient.
    Après plusieurs décennies de conflit, une nouvelle bataille eut lieu près de la ville fortifiée de Qadesh en l'an 5 de Ramsès II (1275/74 av. n.è.). De très nombreuses troupes furent mobilisées des deux côtés, les rois respectifs, Ramsès II et Muwatalli, accompagnaient leurs armées. L'Égypte semble être tombée dans un piège stratégique tendu par les Hittites. Ramsès II était obligé de livrer combat contre une grande coalition ennemie avant l'arrivée de l'ensemble de son armée à Qadesh. Nous ignorons les détails, mais il semble que la confrontation était désavantageuse pour l'Égypte et mettait en péril son jeune souverain. Une retraite à peu près saine et sauve du roi et de son entourage pouvait dans ces circonstances être considérée comme une issue heureuse.
    Bien après les faits, cette bataille fut thématisée comme aucun événement historique en Égypte. D'énormes reliefs furent gravés sur les parois de plusieurs temples (Louqsor, Karnak, Ramesseum, Abu Simbel, Abydos). L'événement fut interprété comme l'intervention directe du dieu Amon venu depuis Thèbes pour sauver son fils et protégé Ramsès.
    Outre ces reliefs dans les temples, l'événement fut divulgué par écrit de différentes façons. Une version abrégée du journal de campagne, formulée de façon narrative, circulait très largement. Une version poétique d'une composition littéraire très élaborée, chante la vaillance du roi en des termes lyriques, imprégnés d'un sentiment religieux et du souci de refléter l'image qui correspond à l'idéologie. Ramsès se serait soudainement trouvé seul face à l'armée ennemi, il aurait prié Amon, et de façon inespérée un contingent de l'armée envoyée par un autre chemin serait arrivé pour le sauver. Tout dans ce « poème » est fait d'hyperbole : la solitude du roi, sa bravoure personnelle et l'intervention d'Amon qui mena à la «victoire ».
    C'est pour la première fois dans l'histoire égyptienne qu'un dieu est présenté comme intervenant directement dans un fait militaire et dirigeant directement le cours de l'histoire.



    Liens

  • La bataille de Qadesh
  • Traité de paix
    Sur le traité de paix conclu entre les Égyptiens et les Hittites en l’an 21 (1259 av. n.è.) de Ramsès II.
  • Ramsès II et la bataille de Qadech

  • Bibliographie pour la fiche
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