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    Modules > Sources écrites de l'Egypte ancienne > Textes religieux : le contact des hommes avec les dieux

    Le livre des morts

    Paroles à prononcer lors de l'arrivée dans la salle de la vérité, afin que le défunt soit libéré de toute mauvaise action qu'il a commise et afin qu'il voie le visage de tous les dieux :…

    (titre du chapitre 125 du Livre des Morts)




    L'ancien corpus des Textes des Pyramides devint accessible aux personnes non royales à partir du Moyen Empire. Les membres de l'élite faisaient inscrire ces textes, parfois remaniés et augmentés, surtout sur leurs cercueils en bois, d'où leur appellation moderne Textes des Sarcophages. Le stade suivant de ce matériel, soumis une fois encore à des remaniements et à l'intégration de nouvelles compositions est connu de nos jours sous le nom de Livre des Morts. C'est cette collection de textes qui, avec peu de modifications, fut utilisée du Nouvel Empire jusqu'à l'époque romaine, toujours dans le même but d'aider une personne à réussir le difficile passage vers l'autre vie. Les textes furent le plus souvent écrits sur des rouleaux de papyrus déposés à côté du défunt, mais certaines formules pouvaient aussi être inscrites sur des objets ou sur les murs des tombes et temples. La plupart des formules (on parle pour le Livre des Morts de chapitres) combinent la reproduction du texte avec une image (vignette) dans laquelle l'artiste évoque les principaux thèmes et personnages.
    Un des chapitres les plus importants du Livre des Morts est celui consacré au jugement du mort (chapitre 125). Avant d'accéder au monde des dieux, le défunt nouveau-venu doit prouver son intégrité morale et sa bonne conduite sur terre. À cette fin, il est introduit par le dieu Anubis dans une salle de tribunal où son cœur vient à être pesé sur une balance: sur un plateau est placé le coeur, sur l'autre, une plume, symbole de justice et d'équité. L'audience a lieu devant le dieu Osiris dans le royaume duquel le défunt souhaite pouvoir séjourner. Deux "confessions négatives" constituent la partie centrale du texte: dans la première, le défunt énumère 40 actions répréhensibles et affirme ne pas les avoir commises. Ensuite, il se présente devant 42 juges, qui représentent toutes les régions de l'Égypte, et assure une fois encore ne pas avoir transgressé les règles de bonne conduite sur terre. Ces règles correspondent en partie aux fondements moraux : "je n'ai pas tué", "je n'ai fait du mal à personne", "je n'ai pas volé"… D'autres règles sont plus spécifiques et issues, à l'origine, de règlements pour la conduite des prêtres à l'intérieur des temples : "je n'ai pas éteint un feu", "je n'ai pas tué un animal". Par l'affirmation de ces règles, le défunt souligne sa propre pureté, morale et rituelle, qui lui permet d'accéder à l'au-delà.
    La vignette figure le plus souvent la personne qui sera jugée, conduite par Anubis devant la balance. De l'autre côté de la scène, un monstre mi-crocodile, mi-hippopotame est prêt à dévorer le cœur de celui qui s'avère ne pas avoir agi de manière juste durant sa vie, lui infligeant ainsi sa "seconde mort" qui correspond à son anéantissemnt total et définitif. À l'extrémité de la scène trône Osiris, accompagné d'Isis ou de la déesse Maât, la garante de la justice et de l'harmonie.



    Notes


    Bibliographie pour la fiche
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