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    Modules > Sources écrites de l'Egypte ancienne > Textes religieux : le contact des hommes avec les dieux

    Les textes des pyramides

    Lève-toi, ô roi, tu ne mourras pas!


    Les grandes pyramides de Guiza sont encore entièrement anépigraphes (= sans inscriptions, ni décor). La pyramide qui abritait la dépouille du roi n'était qu'un élément au centre d'un vaste complexe funéraire où se trouvaient aussi des temples destinés aux rituels et aux cultes.
    À partir de la fin de la Ve dynastie, les pyramides se situent dans la région de Saqqara. Les appartements intérieurs ainsi qu'une grande partie du couloir qui y conduit furent désormais couverts de textes. Les Textes des Pyramides ne constituent pas une entité homogène, mais une collection de formules très variées. Leur utilisation était réservée d'abord aux rois et aux reines. Ce n'est qu'à partir du Moyen Empire que des privés eurent la possibilité d'utiliser ses textes dans leur propres tombes ou sur leurs sarcophages.
    Les formules étaient à l'origine consignées sur papyrus et copiées sur les parois de la sépulture en adaptant le nom du roi. Des archives devaient permettre aux scribes et aux prêtres des générations suivantes de retrouver les compositions et de les recopier à nouveau. Tout en reprenant des formules utilisées dans les tombeaux des prédécesseurs, le choix des textes varie d'une pyramide à l'autre.
    Le but de toutes les formules est d'aider le roi défunt lors de son entrée dans l'autre monde. Le passage de ce monde vers l'au-delà était difficile et risqué, un grand nombre de dangers guettaient le nouveau-venu, fût-il royal. Par un rituel très élaboré, les vivants accompagnaient le défunt dans ce passage, les textes récités à cette occasion furent aussi copiés dans la tombe. D'autres compositions devaient, par leur simple présence écrite, garantir au défunt la nourriture et la subsistance nécessaires dans l'autre vie. Des formules magiques devaient le prémunir de piqûres de scorpions et de morsures de serpents. D'autres textes préparaient le défunt aux conditions géographiques de l'autre monde et à la rencontre avec ses habitants, les dieux et les morts. C'est dans cette société des dieux que le roi défunt devait s'intégrer et obtenir une place libre et dominante correspondant à son statut sur terre. Des formules efficaces l'aidaient à évincer les ennemis s'opposant à son arrivée. L'arrangement des formules à l'intérieur des chambres de la pyramide intégrait le roi dans un parcours, lui permettant symboliquement de se relever de son sarcophage, de se nourrir, de cheminer à la rencontre des grands dieux et d'accéder finalement au ciel.
    La mort étant inéluctable, chaque être humain préparait sa survie selon ses possibilités intellectuelles et financières. Le véritable danger était d'échouer dans son admission dans l'autre monde pour des raisons soit de malchance, soit de mauvaise préparation, soit de mauvaise conduite sur terre. Cet échec que l'on appelait "la seconde mort" signifiait la destruction définitive de la personnalité. C'est de cette seconde mort que les textes funéraires cherchent à prémunir le défunt, c'est à elle que se réfère la promesse : "tu ne mourras pas".




    Bibliographie pour la fiche
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