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    Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Guerre sur mer

    La piraterie

    "Ces gens en effet, que la guerre avait privés de leurs moyens d’existence et de leur patrie, et qui étaient tombés dans un dénuement complet, exploitaient la mer comme ils l’auraient fait de la terre, croisant chacun dans son propre secteur d’abord avec des chaloupes et des vedettes rapides, puis avec des birèmes et des trirèmes, commandés par des capitaines corsaires qui se comportaient comme des généraux dans une guerre. Ils s’abattaient sur les villes non fortifiées, prenaient les autres en creusant des galeries sous leurs murailles, en fracassant leurs portes ou en se livrant à des sièges en règle, et toutes étaient mises au pillage. Quant aux gens les plus riches, ils les enlevaient pour les conduire dans leurs repaires afin d’en tirer rançon." Appien, Guerre de Mithridate, 92, 417-418

    La piraterie occupe une place importante dans le monde antique méditerranéen et spécialement en mer Egée. L'absence de ressources de nombreux peuples vivant à l'écart des routes de commerce a favorisé le recours à la piraterie pour s'emparer des richesses des Etats voisins. Sévissant aussi bien sur mer que sur terre, la piraterie est considérée par les Grecs comme le fait de certains peuples. Les Crétois, les Etoliens, les Illyriens et les Ciliciens sont souvent montrés du doigt comme principaux responsables de rapinse et d'interceptions de navires marchands.
    On peut distinguer plusieurs formes de piraterie. La première représente les petites bandes opérant pour leur compte, s'occupant principalement de commerce d'esclaves. En temps de guerre, de nombreux pirates proposent, également, leurs services aux belligérants, servant de cette manière de flotte d'appui. Enfin la troisième forme se rapproche de notre conception des corsaires. Ce sont des hommes chargés par un Etat de porter atteinte au territoire et au commerce de ses ennemis.
    Bien souvent, ce sont les mêmes qui opèrent, suivant les occasions, sous ces trois formes. Ainsi, dans la source d'Appien, les pirates ciliciens sont les alliés du roi Mithridate VI et lui fournissent une flotte d'appoint. Ils opérent également des pillages dans la mer Egée aux détriments des alliés des Romains ; Délos sera d'ailleurs une de leurs cibles. Après la fuite de Mithridate en Arménie, les Ciliciens reprennent leurs activités "privées", avant d'être vigoureusement combattus par Pompée.
    Au cours des siècles, les puissants Etats maritimes ont cherché à lutter contre la piraterie parce qu'elle nuisait à leur commerce. Athènes au Ve et IVe siècles, Rhodes au IIIe et IIe siècles mèneront une véritable politique dans ce sens. Rhodes déclenche d'ailleurs des guerres contre certaines cités crétoises favorisant ou exerçant la piraterie. Les Etats et cités plus faibles cherchent à signer des traités d'asylie avec leurs voisins. L'asylie garantit, en effet, la sécurité des biens et des personnes entre deux Etats.
    Malgré les efforts entrepris, la piraterie n'est jamais éradiquée. Les guerres et contentieux continuels entre cités permettent toujours aux pirates de trouver des appuis. De plus, le poids de la piraterie dans le commerce des esclaves est trop important. La piraterie connaît un essor considérable au début du Ier siècle avant J.-C. suite à l’affaiblissement des Séleucides et de Rhodes et à l’instabilité des guerres mithridatiques.


    Notes


    Bibliographie pour la fiche
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