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    Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Guerre sur mer

    Les techniques du combat naval

    "Aussitôt les signaux levés, l'action s'engagea, et on livra bataille; des deux côtés, il y avait sur les ponts beaucoup d'hoplites, beaucoup de soldats armés d'arcs ou de javelots: on usait d'un dispositif à l'ancienne mode, où manquait encore l'expérience. Aussi fut-ce un combat violent, où le métier jouait peu, et qui se rapprochait plutôt d'un combat sur terre. En cas d'abordage, on se dégageait difficilement, parce que les navires se pressaient en foule, et que l'on comptait surtout, pour vaincre, sur les hoplites du pont, qui combattaient de pied ferme quand les bâtiments étaient à l'arrêt; on ne pratiquait pas la percée: on se battait avec plus de coeur et d'énergie que de science." Thucydide, Guerre du Péloponnèse, I, 49, 1-3

    Le combat naval conserve, au début du Ve siècle av. J.-C., de nombreuses similitudes avec le combat terrestre. On embarque un grand nombre de combattants et on tente de s'emparer par la force des navires ennemis. Cette méthode est jugée archaïque par Thucydide qui écrit à la fin du Ve siècle. A cette époque, Athènes dispose d'un empire puissant constitué par la Ligue de Délos. Elle assure la sécurité de la plupart des Grecs de la mer Egée contre versement d'un tribut. Cet état de fait permet à Athènes de posséder une flotte importante et très entraînée. En effet, les revenus de la Ligue lui assurent un financement assuré et les nombreuses expéditions en mer Egée pour contrôler les Alliés, faire rentrer le tribut et empêcher toute rébellion donnent aux rameurs athéniens un entraînement régulier.
    Cet entraînement va permettre à la marine athénienne de développer des tactiques navales basées sur la vitesse et la précision. Contrairement aux combats basés sur l'abordage, la flotte athénienne préfère miser sur la maniabilité et la vitesse. Elle privilégie donc l'utilisation de l'éperon, placé à la proue du navire pour enfoncer le flanc d'un navire ennemi et y provoquer une voie d'eau. Le vaisseau éperonneur doit ensuite se retirer rapidement du vaisseau éperonné pour éviter de sombrer avec lui ou d'être abordé par les marins ennemis. Pour mener à bien un éperonnage, les Grecs emploient deux méthodes que nous rapportent les sources : le periplous et le diekplous.
    A l'époque hellénistique, malgré l'augmentation de la taille des navires, les tactiques navales ne changent pas beaucoup. Les vaisseaux pontés permettent cependant l'embarquement d'une infanterie de marine plus nombreuse, ce qui remet au goût du jour la technique de l'abordage. Les Rhodiens restent cependant attaché au diekplous, en raison de la qualité de leurs équipages.



    Bibliographie pour la fiche
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