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    Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Période hellénistique et poliorcétique

    La poliorcétique hellénistique

    "Il (Démétrios Poliorcète) combattit contre les Rhodiens parce qu'ils étaient les alliés de Ptolémée. Il fit approcher de leurs murs la plus grande de ses hélépoles. La base en était carrée, chacun de ses côtés ayant quarante-six coudées, et les plateaux supérieurs, plus étroits que la base, allaient en s'amoindrissant jusqu'au sommet. L'intérieur était cloisonné en plusieurs étages et plusieurs postes ; à chaque étage la face tournée vers les ennemis était percée de fenêtres d'où jaillissaient des projectiles de toutes sortes, car la machine était remplie de toute espèce de combattants. Quand on la mettait en mouvement, elle n'oscillait ni ne penchait, mais toujours droite sur sa base, toujours stable et en équilibre, elle avançait avec un grondement et un bruit intenses, inspirant en même temps à l'âme l'effroi et une sorte de plaisir aux yeux des spectateurs." Plutarque, Vie de Démétrios, 21, 1-3

    Les techniques de siège évoluent rapidement durant le IVe siècle. Les progrès des Carthaginois en Sicile poussent les tyrans de Syracuse à s'intéresser à leurs nouvelles techniques de siège. En Grèce, Philippe II, roi de Macédoine, inaugure également plusieurs méthodes de siège comme l'assaut continu. La période hellénistique s'avère riche en innovations poliorcétiques et en sièges mouvementés. La prise d'une ville par assaut devient l'exemple même de la grandeur militaire et les généraux hellénistiques mettent tout en oeuvre pour en retirer le plus de gloire. Le récit du siège de Salamine de Chypre par Démétrios Poliorcète en est une illustration colorée.
    Les sièges permettent aux généraux hellénistiques de déployer leur ingéniosité. Ils emploient souvent des spécialistes en poliorcétique, soit pour les aider dans la construction des machines soit pour superviser la défense d'une place. Les machines de siège sont, le plus souvent, construites sur place. Les plus prisées, oxybèles et pétroboles, sont utilisées aussi bien par les assiégeants que les assiégés. Ces derniers construisent également des échelles, des béliers, des hélépoles ou des sambuques. Les généraux audacieux n'hésitent pas à faire avancer ces machines sur des navires de guerre jumelés pour l'occasion. On creuse également des galeries sous les remparts avant de les remplir de combustible et d'y mettre le feu. L'affaissement de la mine entraîne l'effondrement de la muraille sous laquelle elle est creusée.
    Les défenseurs ne sont pas en reste. Ils rehaussent leurs murailles pour résister aux hélépoles, effectuent des sorties pour brûler les machines de l'ennemi ou construisent des murs en demi-lunes pour renforcer les murailles détruites. Le récit des sièges chez les auteurs antiques se concentre généralement sur les attaques et parades des deux camps.



    Bibliographie pour la fiche
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