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    Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Période hellénistique et poliorcétique

    La poliorcétique classique

    "[Archidamos] commença par faire abattre les arbres et par entourer la ville d'une palissade pour empêcher toute sortie. Puis les assiégeants élevèrent face au rempart une terrasse, espérant se rendre maîtres de la place en peu de temps, car le nombre des travailleurs était considérable. [...] Cependant, les Péloponnésiens, tout en poursuivant leurs travaux, firent avancer des machines de guerre. L'une d'elles amenée sur la terrasse provoqua une brèche énorme dans la grande muraille, au grand effroi des Platéens; d'autres s'attaquèrent à d'autres points de la murailles; mais les Platéens les saisissaient avec des noeuds coulants et les brisaient en les attirant à eux. [...] Les Péloponnésiens, voyant qu'ils n'arrivaient pas à leurs fins avec leurs machines et qu'un mur s'élevait face à leur terrasse, jugèrent impossible au milieu des difficultés actuelles de prendre la ville. Ils se préparèrent donc à l'entourer d'une ligne de circonvallation." Thucydide, Guerre du Péloponnèse, II, 75-77

    Les cités et ouvrages fortifiés ont toujours représenté pour les Anciens un obstacle militaire de taille. Dans son récit du siège de Platées, Thucydide décrit les deux solutions imaginées par les Grecs pour s'emparer d'une ville. Les Péloponnésiens, vu la taille modeste de la cité et de sa garnison, tentent d'abord une stratégie offensive. Cette dernière consiste à s'emparer de l'obstacle fortifié par la force. Devant l'échec de leur tentative, ils décident alors d'appliquer la stratégie passive du blocus.

    Pendant la période classique, l'investissement est la stratégie de siège la plus courante. Elle consiste, comme dans le cas du siège de Platées, à entourer la place ennemie d'un mur. Le but de cette technique est d'amener la place ennemie à reddition ou de provoquer en son sein des connivences ou des trahisons. A l'époque classique, les conflits sociaux au sein des cités amènent souvent le parti minorisé à ouvrir les portes de la cité aux envahisseurs pour renverser la faction adverse avec leur aide.
    La seconde technique pour s'emparer d'un ouvrage fortifié est celle de l'assaut. Contrairement à la stratégie de l'investissement, elle évolue au fil des siècles et des innovations technologiques. Pour mener à bien l'assaut de la place, on utilise toute une série de mechane, signifiant aussi bien les machines que les ruses : échelles, machines incendiaires destinées à mettre le feu au retranchement ou à la ville elle-même, bélier pour enfoncer les portes ou desceller les murs. Les projectiles et les armes de traits ou de jet remplissent un rôle central dans la défense et l'attaque des fortifications



    Bibliographie pour la fiche
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