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    Modules > Guerre sur terre et sur mer aux époques classique et hellénistique > Période classique

    L'organisation de la phalange

    "Les armées, quelles qu'elles soient, font ceci: elles tendent à dévier, au cours de leur marche, vers leur propre aile droite; si bien que chaque adversaire déborde avec sa droite la gauche de l'ennemi; en effet, la crainte aidant, chacun serre le plus possible de son côté non protégé contre le bouclier de son voisin de droite et pense que plus il est joint de façon étroite, plus on est à couvert; et la responsabilité initiale revient au premier homme de l'aile droite, qui souhaite dérober toujours à l'adversaire son défaut de protection; les autres le suivent, en vertu de la même crainte." Thucydide, Guerre du Péloponnèse, V, 71, 1

    La puissance des hoplites grecs vient principalement de leur formation de combat. Appelée phalange (phalanx), cette dernière détermine la place de chaque soldat dans la formation. Les hoplites sont disposés en rangs et en colonnes et le restent lors de la bataille. Cette formation permet aux hoplites de se protéger mutuellement de leur bouclier. Chaque hoplite protège le flanc de son voisin de gauche, rendu vulnérable par le maniement de la lance. La phalange présente à ses adversaires, de cette façon, un véritable mur de boucliers. Pour éviter de rompre les rangs lors de la charge, les hoplites chantent le péan ou avancent au rythme de la flûte. Les Spartiates utilisent cette dernière méthode et avancent au combat lentement pour garder la cohésion de leur phalange.
    La phalange se déploie le plus souvent sur huit rangs d’hoplites, mais les exceptions sont nombreuses. Rangés en phalange, les hoplites s'élancent sur la phalange adverse et la rencontrent dans une collision violente. Ils tentent de transpercer de leur lance leurs adversaires et poussent, aidés des rangs arrières, la phalange adverse grâce à leurs boucliers. Le but recherché est de contraindre l'ennemi à reculer, ce qui disloque l'ordonnance de la phalange. Perdant les bénéfices de leur formation, les hoplites sont alors contraints à la fuite, poursuivis par leurs adversaires.
    Cette formation reste inégalée jusqu'à l'avènement de la phalange macédonienne. La phalange reste cependant vulnérable dans certaines circonstances. Alourdis par leur équipement, les hoplites peuvent difficilement rivaliser avec des troupes légères qui évitent le combat.




    Bibliographie pour la fiche
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