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    Modules > Famille et communauté dans le monde homérique > Guerre et société

    La femme et la guerre

    Hector à ses hommes et alliés : "Ecoutez-moi innombrables tribus de nos voisins et alliés! Ce n'est pas parce que je recherchais ou désirais la multitude que je vous ai rassemblés ici, loin de vos villes, mais pour les épouses des Troyens et leurs jeunes enfants que je vous demande de défendre avec cœur contre les Achéens belliqueux. C'est avec cette pensée que j'épuise le peuple en dons et en vivres et que j'exalte le courage de chacun d'entre vous". Iliade, XVII 220-6

    L'Iliade ignore le mythe des Amazones. Dans le monde des héros homériques, les femmes ne font pas la guerre. Mais la guerre se fait, entre autre, à cause et pour elles. La beauté d'Hélène n'est pas seulement la cause de la guerre de Troie, elle en est aussi, de façon plus perverse une justification (III 156-7) : les vieillards de Troie le remarque au chant III de l'Iliade, la beauté d'Hélène est telle qu'elle vaut bien que l'on meurt pour elle. Si Hélène est dans une situation particulière, les femmes troyennes apparaissent, elles, comme un enjeu essentiel de la guerre : pour les Grecs, prendre Troie c'est aussi ravir ses femmes (XVIII 265); pour les Troyens, défendre Troie, c'est défendre et protéger les femmes et les enfants (XVII 223-4; XV 496-7). On peut ici mesurer l'écart d'une interprétation historique et d'une analyse anthropologique. Si rien ne permet de confirmer que l'enlèvement d'une femme ait pu servir de prétexte à une guerre importante dans le lointain passé grec, l'Iliade et l'Odyssée dénoncent sans détour le sort inquiétant qui menace les femmes en temps de guerre. Les Achéens n'ont pas attendu la prise de Troie pour enlever, lors de différents pillages, de jeunes captives qui les servent et dont ils partagent la couche. Les Troyennes savent le sort qui les attend à la chute de Troie. Mais les épouses achéennes ont aussi leur part de crainte. Au retour de leurs époux victorieux, rien ne les assure qu'elles ne seront pas délaissées au profit des captives importées. La femme apparaît ici comme la principale victime d'une guerre où elle a tout à perdre en cas de défaite et rien à gagner en cas de victoire.



    Bibliographie pour la fiche
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