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    Modules > Famille et communauté dans le monde homérique > Cité et organisation sociale

    Fiche introductive

    Durant l'époque archaïque, la Grèce est composée d'une multitude de petites cités-états, distinctes les unes des autres, mais partageant — avec les différences que l'on peut attendre — une même tradition linguistique, religieuse et culturelle. Venus de toutes les parties de la Grèce, les héros qui ont suivi Agamemnon parlent tous la même langue, honorent les mêmes dieux et respectent les mêmes valeurs. Toutefois si les cités grecques sont unies par un patrimoine culturel commun, elles ne forment en aucun cas un Etat politiquement organisé ou unifié. Si la conscience d'une communauté grecque existe, cette communauté reste sans nom et sans structure définie. Quand il désigne, dans leur ensemble, les Grecs qui assiègent Troie, le poète de l'Iliade recourt à différents noms, employés indistinctement mais qui ne s'équivalent pas exactement: Achéens, Argiens, Danaens; l'Achaïe est une région, Argos une cité et Danaos un roi des temps premiers; la communauté grecque est ainsi désignée par métonymie ou dérivation. Le terme d'Hellade se rencontre mais pour désigner une partie de la Thessalie, voisine de la Phthie et le poète précise que les noms de Myrmidons, d'Hellènes et d'Achéens servent à désigner les gens de cette région (Iliade, II 684). Rappelons enfin que les noms de Grèce et de Grecs sont plus tardifs et viennent du latin.
    Cette absence de structuration politique de la Grèce archaïque ne rend que plus remarquable l'expédition commune conduite par Agamemnon sous les murs de Troie. Le célèbre catalogue des vaisseaux au chant II de l'Iliade dénombre quelques 60 000 hommes, venus sur 1186 vaisseaux de 164 cités différentes. Les données mythologiques expliquent cette union: avant de donner sa fille en mariage, Tyndare (père humain d'Hélène) aurait, avant le choix de sa fille, demandé aux multiples prétendants qui la courtisaient de prêter serment et de promettre leur secours à Hélène et son futur époux si le destin venait à l'exiger. Dans cette Grèce morcelée des petites cités-états, sans capitale, sans archives centralisées, sans unification ni uniformité politiques, l'Iliade évoque une entreprise exceptionnelle qui confirme à un niveau qui n'est peut-être pas seulement idéologique l'unité du monde grecque. Quoi qu'il en soit, l'Iliade constitue notre meilleur témoignage d'une conscience panhellénique dans le monde grec archaïque.
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